D’aucun n’ignore que le plan de déploiement des forces de la Communauté de l’Afrique de l’Est, EAC en sigle, dans l’Est de la RDC victime des conflits armés récurrents, s’est déclenché il y a deux semaines avec l’arrivée officielle sur le sol congolais des contingents burundais via la Province du Sud-Kivu. Des troupes qui en réalité viennent rejoindre leurs compatriotes présents tacitement en RDC depuis le mois de décembre 2021.
Dans un document d’une vingtaine de pages signé fin juin 2022 et sensé organiser le fonctionnement de cette force, l’objectif visé serait de rassembler entre 6.000 et 12.000 soldats. Ces derniers opéreraient dans les provinces du Haut-Uele, de l’Ituri, du Nord et Sud-Kivu. Le pays de Sulu Hassan, la Tanzanie serait le seul à ne pas envoyer ses troupes. Par contre, tous les autres devraient y participer y compris le Rwanda même quand bien même que l’on sait que les relations rwando-congolaise sont froides présentement. Néanmoins, malgré l’opposition de la RDC à l’idée de la participation du Rwanda dans cette force, un compromis semble avoir été trouvé selon ce même document. En effet, le Rwanda ferait bel et bien partie de l’opération à la condition que ses troupes resteraient postées en attente à la frontière côté rwandais si bien que la cité de Bunagana demeure sous occupation de l’armée rwandaise sous couvert du mouvement rebelle du M23 depuis près de 3 mois maintenant.
Quand aux autres pays, chacun de leurs contingents seraient déployer respectivement dans une zone bien définie généralement près de sa frontière ou dans un territoire où ses troupes opèrent déjà plus ou moins officiellement, tel est le cas du Burundi dans la province sud-kivutienne.Toute fois, il sied de souligner que ces opérations aux allures de la mutualisation des forces suscitent déjà des questionnements sur le financement dès lors qu’il est prévu que chaque pays engagé devrait payer pour ses troupes. Malheureusement, le document sous exploitation relève la non existence d’un calendrier de déploiement, malgré le déploiement mi-août 2022 des forces armées burundaises.
Face à cette réalité, plusieurs questions formulées notamment, sur la mise en œuvre de ce projet, sur l’existence d’une coordination entre les différents pays, mais aussi le fait que chaque pays contributeur intervienne près de sa frontière ou mieux, dans sa zone d’intérêt fait craindre certaines institutions en l’occurrence la Coordination de l’Institut Congolais des recherches, «que cette force ne puisse in fine être utilisée par les pays contributeurs comme une justification légale à des déploiements unilatéraux qui seraient conçus non pas pour aider la RDC, mais davantage pour défendre les intérêts de leurs pays d’origine.»
Rappelons tout de même que pendant que la force de l’EAC vient gonfler le nombre des contingents déjà présents en RDC aux côtés des casques bleus de la Monusco estimés à 14.000 hommes et ceux des ougandais venus dans le cadre de la mutualisation des forces RDC-Ouganda; le gouvernement de Kinshasa tourne son regard vers les États-Unis d’Amérique pour une aide militaire d’urgence. Mais à qui profite cette juxtaposition des contingents étrangers sur le sol congolais plutôt que des forces véritablement intégrées ? L’avenir nous le dira.
Prince Nitho Jr.


