C’est dans une tribune intitulée « Le bon et le mauvais pas au regard de l’expérience » que l’ancien président de la commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa Yobeluo présage un vent de glissement et tire la sonnette d’alarme à l’intention des acteurs concernés en et de l’actuel patron de la centrale électorale, Denis Kadima Kazadi. « Aujourd’hui comme hier, il se pose la problématique du respect du délai constitutionnel : il faut, bien entendu, s’en tenir au respect du délai constitutionnel pour la tenue des élections et éviter le glissement. Mais il va tout de même falloir allier l’impératif du respect du délai constitutionnel avec l’absolue nécessité des élections apaisées, c’est-à-dire : libres, inclusives, transparentes et dont les résultats seront acceptés par tous».
Se vantant de son expérience électorale de 2018 qui a abouti à la première alternance pacifique, corneille Nangaa dans la peau d’expert attitré, relève un certain nombre d’écueils du processus électoral en cours qui selon lui achoppe. « le calendrier électoral n’est pas publié ; les nouvelles données collectées de la cartographie et l’atlas électoral actualisé restent à valider et à publier ; les nouvelles entités (villes et communes) créées depuis 2018 et devant servir de circonscriptions électorales en 2023, restent à installer ; l’opération de refonte du fichier électoral n’a pas commencé (près de 50 millions d’électeurs attendus contre 40 millions en 2018) ; la problématique de l’identification et enrôlement des congolais de la diaspora se présente comme un nouvel inconnu » décrit-il. Sans oublier les défis sécuritaires, sociaux, logistiques, politiques et diplomatiques avant de préconiser des pistes de solutions qu’il recommande à Denis Kadima pour un atterrissage en douceur même en cas de glissement.
« L’ennemi numéro un du processus électoral, c’est la méfiance entre les différents acteurs et parties prenantes. Un minimum de consensus, dans une approche inclusive est donc indispensable pour garantir des élections libres, transparentes, crédibles, inclusives et apaisées, dans le strict respect de la constitution et des lois de la République »
Nangaa réveille l’opposition?
Dans cette tribune qu’il qualifie de sa modeste contribution, «face au silence quasi général à cet égard de l’ensemble des parties prenantes au processus électoral actuel, y compris plus visiblement celui de l’opposition qui semble peiner à se structurer et proposer une alternative crédible.»
Nangaa dit appeler à la meilleure attention des uns et des autres, tous acteurs confondus, afin que soient prises les meilleures dispositions pour garantir l’essentiel (c’est-à-dire la République Démocratique du Congo en tant que territoire autonome régit par un état souverain, son intégrité et son unité, la cohésion nationale et la paix) en vue des élections apaisées dont les résultats soient acceptés par tous.
Face à ce qu’il qualifie des facteurs sujets à inquiétude lors du processus électoral de 2018 qui sont entrain de se reconstituer, Le prédécesseur de Denis Kadima dit agir de son expérience et du devoir citoyen à travers cette tribune, pour oser conseiller à la République d’éviter le mauvais pas pour le bon, afin de garantir élections apaisées, c’est-à-dire : libres, inclusives, transparentes et dont les résultats soient acceptés par tous.
Muamub


