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Crise sécuritaire dans le Kivu : le M23, terroriste maître-chanteur de Kigali

4 ans ago
in Sécurité
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Crise sécuritaire dans le Kivu : le M23, terroriste maître-chanteur de Kigali
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Des bruits des bottes, des déplacements massifs des populations. Le quotidien des populations de l’Est de la République Démocratique du Congo depuis près de 3 décennies. Pourtant plusieurs négociations ont eu lieu pour tenter de juguler la crise et faire taire la tension.

L’histoire remonte à Sun city, le pouvoir en place et belligérants reunis ont abouti à la signature de l’accord global et inclusif avec pour ambition de finir avec les armes comme moyen de revendications et jeter les jalons d’une République civilisée. Mais Hélas, Moins de 5 ans après ce moment historique, la République Démocratique du Congo fait désormais face à une nouvelle rébellion. Le Congrès National pour la Défense du Peuple ( CNDP) fait son apparition à Jomba dans les collines de la province du Nord Kivu avec à sa tête Laurent Kunda Batware.

Laurent Kunda revendique principalement 8 choses : des négociations directes avec le gouvernement de Kinshasa, la renégociation de tous les contrats signés par le gouvernement congolais avec des entreprises chinoises, la cessation de toute forme de coopération entre les forces gouvernementales et les rebelles rwandais des FDLR, la protection pour toutes les minorités ethniques de la RDC, l’intégration de ses combattants au sein de l’armée, l’intégration au sein de l’administration du gouvernement des policiers et fonctionnaires travaillant en territoire rebelle, la promotion de la bonne gouvernance et enfin, une élévation en grade et une fonction pour lui-même dans l’armée.

Après négociation, ce mouvement rebelle va décider de changer de stratégie en se muant en partie politique et décide de soutenir le maitre de l’époque. Un revirement à 360 degré que le coordonnateur du bureau de liaison du CNDP dans la capitale justifie par la volonté de son mouvement d’aller vers la paix pour cheminer ensemble, consolider la paix et rebâtir le pays. Leurs revendications ont été en partie rencontrées par le pouvoir de Kinshasa entre autre la reconnaissance des grades des membres de l’ancienne branche armée du CNDP.

Seulement quelques années après, les ex combattants de l’ex CNDP réintégrés dans l’armée à la suite d’un accord de paix du 23 mars 2009 vont refaire surface sous une autre dénomination, le mouvement du 23 Mars, le M23. La province du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo est, depuis la fin du mois de mars, de nouveau témoin des affrontements entre l’armée congolaise et des rebelles du M23. Comment expliquer la résurgence de ces rebelles ? Qui sont-ils ? Pourquoi la RDC et le Rwanda s’accusent mutuellement ? qui sont les rebelles du M23 et pourquoi sont-ils source de tensions avec le Rwanda ?

Pour comprendre les divergences entre les deux pays sur la rébellion du M23, il faut aussi remonter au génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994. Cette tragédie est à l’origine d’un exode massif de Hutu rwandais, accusés d’avoir massacré les Tutsi, en RDC. Depuis, le Rwanda est régulièrement accusé par Kinshasa d’incursions au Congo et de soutien à des groupes armés dans l’est du pays.

Essentiellement composé par des anciens soldats de l’armée congolaise qui se sont rebellés car ils accusent le gouvernement de marginaliser leur minorité ethnique tutsi dont la plupart viennent des communautés rwandophones congolaises du nord.
Ils dénoncent en outre le non-respect des modalités de l’accord signé par le gouvernement.

Defait et dissous dans le cadre d’un accord de paix régional signé à Nairobi en décembre 2013. Les rebelles du M23 sont désarmés et déplacés pour la plupart dans des camps en Ouganda. Signé le 12 décembre 2013, l’accord entre le M23 et le gouvernement congolais prévoyait notamment la dissolution du M23 en tant que groupe armé. En contrepartie, Kinshasa devait s’engager à faciliter « la démobilisation, le désarmement et la réinsertion » des combattants.


Les 28 et 29 mars 2022, avec le soutien de l’armée rwandaise, les rebelles sont sortis de leurs bastions d’altitude pour attaquer des positions de l’armée, notamment à Runyoni et Tchanzu, région où huit soldats de l’ONU sont morts dans le crash de leur hélicoptère le 29 mars. Près de 10 ans plus tard, le M23 réorganisé et requinqué est qualifié de groupe terroriste s’accapare de la cité frontalière de Bunagana dans la province du Nord Kivu. Pour la RDC, l’ennemi n’est autre que le Rwanda qui octroie armes et hommes au M23.

72 000 personnes se sont enfuies de leurs villages en huit jours, pour trouver refuge dans les localités voisines ou en Ouganda, où des milliers d’autres personnes se sont mises à l’abri en mars, selon le Haut Commisariat aux Réfugiés. Le 25 mai 2022, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais déclare que « des soupçons se cristallisent sur un soutien qu’aurait reçu le M23 de la part du Rwanda. »
Au même moment, Christophe Lutundula, le Ministre des Affaires Etrangères affirme sans hésitation que « le Rwanda a attaqué le camp de Rumangabo », une importante base des FARDC à une quarantaine de kilomètres au nord de Goma. Il ajoute que « le M23, soutenu par le Rwanda, a attaqué les troupes internationales » de l’ONU.

De son côté, le gouvernement rwandais réfute les accusations congolaises. « Alors qu’il serait légitime que le Rwanda réponde aux attaques des FARDC sur son territoire, il n’est pas impliqué dans les combats en cours », affirme la porte-parole du gouvernement rwandais Yolande Makoko.
Pour le Rwanda, il s’agit d’un « conflit intra-congolais. » Le 23 mai, Kigali accuse l’armée congolaise d’avoir tiré des roquettes vers le Rwanda, blessant plusieurs civils. Une enquête a été demandée au Mécanisme de vérification conjoint élargi, un organisme régional qui surveille et mène des enquêtes sur les incidents de sécurité dans la région volatile des Grands lacs.

Dans les locaux de l’organisation des nations unies, l’on s’avoue vaincue face à la « force de frappe de ce groupe armé.» Comme solution, c’est le dialogue que recommande la communauté internationale. Dans le cadre de la région de l’Afrique de l’Est, des négociations sont organisées avec comme médiateur l’Angola et le Kenya. Une remise en question de ce qui était perçu comme intransigeance il y a peu de la RDC.

L’offensif lancé par le M23 avec la prise du territoire de Rutshuru va changer la donne coté congolais. L’appel à la mobilisation générale est lancé par le Président de la République. Un appel commenté de diverses manières par l’opinion. Si pour la RDC, les négociations n’ont pas produit des fruits escomptés, pour la communauté internationale, l’heure est à la reprise, mieux à la relance du bras diplomatique.

Pour enfoncer le clou, l’Assemblée Nationale va voter une recommandation interdisant au gouvernement de procéder au mixage, brassage et négociations avec des groupes armés dans le but de les intégrer dans l’armée, la police ou l’administration. Une équation à multiple inconnus quand on sait que ce n’est ni plus ni moins, ce que d’habitude demandent les rebelles.

Les frappes aériennes des FARDC sur des positions du M23 et ses alliés vont-elles changer le cours de l’histoire ? Dans l’opinion, il faut aller jusqu’au bout. Dans les hauteurs du Mont Ngaliema, la volonté y est, mais une hésitation à aller jusqu’au bout est constatée par la population. Au-delà de la volonté et de la passion, il y a la décision politique à prendre avec tous ses effets. L’heure est au meilleur choix pour la survie de la nation.

La rédaction de b-onetv.cd

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