À la demande du gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC), une session extraordinaire du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies (CDHNU) se tient ce vendredi à Genève, en Suisse. Lors de cette réunion, Bintou Keita, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et cheffe de la MONUSCO, a tiré la sonnette d’alarme sur la détérioration de la situation humanitaire et sanitaire à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu. Cette crise est le résultat des affrontements qui ont éclaté le 27 janvier entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les combattants de la coalition AFC/M23, appuyés par l’armée rwandaise.
« Les pertes humaines sont tragiques. Les conséquences à moyen et long terme sont tout aussi inquiétantes : résurgence du choléra, interruption de la scolarité des enfants et recrudescence des violences sexuelles liées au conflit. L’expansion territoriale du M23 au Nord-Kivu et les déplacements massifs de populations témoignent d’une crise humanitaire qui s’aggrave chaque jour. Nous devons agir immédiatement », a déclaré Bintou Keita.
Elle a également rappelé aux participants l’ampleur des violences ayant conduit à l’occupation de Goma par la coalition AFC/M23 soutenue par le Rwanda. « Depuis le début de l’année, nous assistons à une avancée sans précédent du M23 et des forces rwandaises. La prise de Goma, le 27 janvier, a été précédée de combats sanglants ayant causé la mort d’au moins 2 900 personnes et fait plus de 3 000 blessés », a-t-elle ajouté.
De son côté, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, s’est exprimé devant la presse internationale ce jeudi, affirmant que Kinshasa exige l’activation de mécanismes d’enquête indépendante afin d’établir les responsabilités dans ces atrocités.
Emille Kayomba


