Dans un contexte sécuritaire tendu au Nord-Kivu, une commission d’enquête conjointe vient d’être décidée à la suite des accusations portées contre certains éléments des Wazalendo, soupçonnés d’être impliqués dans des tueries de civils à Makoko, Mabalako et d’autres localités. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion entre le comité des VDP Wazalendo et le gouverneur militaire du Nord-Kivu, Evariste Kakule Somo. L’objectif est de mener des investigations approfondies afin d’identifier les véritables responsables de ces violences et de rétablir la confiance entre les forces locales et la population.
Face aux accusations, les Wazalendo ont tenu à clarifier leur position : « Il y a dans certaines entités où on nous a accusés, nous les Wazalendo, d’être à l’origine des tueries. Nous avons donc décidé, avec le gouverneur militaire et d’autres instances, de mettre en place une commission d’enquête conjointe impliquant les VDP Wazalendo, le gouvernement provincial, ainsi que les assemblées nationale et provinciale. Cette enquête devra établir qui est réellement responsable de ces actes. » La mise en place de cette commission vise à rassurer la population et à démontrer que toute dérive sera sanctionnée.
Les responsables des Wazalendo ont insisté sur le fait que toute implication éventuelle d’un de leurs membres dans ces massacres relèverait d’une responsabilité individuelle et non d’un acte collectif. « Si après enquête, il s’avère qu’un Muzalendo est impliqué dans ces tueries, il sera traduit individuellement en justice. L’erreur est individuelle, elle n’engage pas tout le mouvement. » Cette précision vise à éviter toute stigmatisation généralisée et à maintenir la cohésion entre les forces locales engagées aux côtés des FARDC contre le M23 et leurs alliés du RDF (armée rwandaise).
Les Wazalendo appellent également la population à rester vigilante et à fournir des informations fiables aux autorités afin d’éviter les manipulations de l’ennemi. « La sécurité nous concerne tous. L’ennemi est malin et peut tenter de semer la confusion pour briser la confiance que la population a placée en nous. C’est pourquoi nous demandons aux habitants de nous aider en signalant toute menace ou infiltration suspecte au bon moment. » Le gouverneur militaire Evariste Kakule Somo a, de son côté, réaffirmé l’engagement des autorités à restaurer la paix et la stabilité dans la région.
Cette initiative de commission d’enquête conjointe marque un pas important vers l’établissement de la vérité et la consolidation de la sécurité dans le Nord-Kivu. Reste à voir si cette démarche aboutira à des conclusions claires et à des sanctions contre les véritables responsables des tueries dénoncées.
Patrick Syaluha


