Le procès sur la mort tragique de l’officier de roulage Kabeya Senda a connu un moment déterminant ce lundi devant la Cour militaire, avec l’audition du général-médecin Tshomba Hondo, légiste et expert désigné par la Cour. Invité à la barre par le Ministère public, le médecin a livré les conclusions de son rapport médico-légal, apportant des éléments cruciaux sur la cause du décès.
Selon le général Tshomba, la mort du policier résulte d’une hémorragie cérébrale. Il a précisé que cette hémorragie « n’est pas survenue par hasard », mais serait liée à une onde de choc, consécutive à un coup reçu à la tête. « Nous avons trouvé du sang au niveau du cuir chevelu et à l’intérieur du cerveau, dans des zones où il ne devrait pas s’y trouver. Ce sang provient très probablement d’un traumatisme crânien », a-t-il déclaré.
Après la présentation du rapport, le général-médecin a répondu aux questions de la Cour et du Ministère public, qui souhaitaient clarifier certaines zones d’ombre. L’audience s’est poursuivie avec l’audition du commissaire divisionnaire Dodo Tshinyama, commandant de l’Unité de protection des installations et hautes personnalités (UPI-HP).
À l’issue de ces échanges, la Cour a estimé avoir réuni suffisamment d’éléments pour former sa conviction et a renvoyé l’affaire au jeudi 15 mai 2025 pour les plaidoiries et le prononcé du jugement.
Sept policiers affectés à la garde de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka sont poursuivis pour homicide praeter intentionnel et violation de consigne. Il s’agit du : Commissaire supérieur adjoint Kanza Dunia Olivier, Commissaire supérieur adjoint Banga Ngajole, Sous-commissaire Yalala Dimatundu Michel, Sous-commissaire adjoint Mangela Mbendau, Sous-commissaire adjoint Libendele Kayindu, Brigadier en chef Sangwa Mulangi, Appelé de police Kabongo Kabongo Théo
Le drame remonte à un incident sur la voie publique où le convoi de la Première Ministre aurait été intercepté par l’agent Kabeya Senda, qui reprochait aux véhicules de rouler à contre-sens. L’altercation aurait dégénéré, et le policier aurait été violemment battu par les membres de l’escorte. Une vidéo de la scène, largement diffusée sur les réseaux sociaux, a déclenché une vive émotion et une onde d’indignation à travers le pays.
L’affaire Kabeya Senda est devenue un test majeur pour l’appareil judiciaire et pour la lutte contre l’impunité au sein des forces de sécurité.
La rédaction de b-onetv.cd


