De nouvelles pluies diluviennes ont frappé la capitale congolaise dans la nuit du 13 au 14 juin, causant la mort d’au moins 29 personnes, la destruction de nombreuses habitations et des dégâts matériels importants, notamment dans les communes de Ngaliema, Masina, Lemba et Matete. Face à cette énième tragédie, le Gouvernement central a réagi avec une réunion de crise, convoquée ce dimanche 15 juin par le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo.
Aux côtés du Gouverneur de Kinshasa, du Commissaire provincial de la Police et des services compétents, l’autorité nationale a coordonné une riposte d’urgence visant à assurer une prise en charge immédiate des victimes, tant au niveau sanitaire, humanitaire que logistique. Le gouvernement a notamment promis la prise en charge des funérailles des personnes décédées et un accompagnement des survivants, tout en adressant ses condoléances aux familles endeuillées.
« Toutes les dispositions sont prises pour prévenir d’autres risques similaires », a rassuré Jacquemain Shabani, en référence au contexte de dérèglement climatique qui fragilise davantage les grandes agglomérations comme Kinshasa.
Malgré ces annonces, la mémoire collective reste marquée par l’inaction partielle face aux précédentes catastrophes. Les sinistrés des inondations meurtrières d’avril dernier sont toujours installés dans des abris temporaires sur des sites comme le Stade Tata Raphaël, le Stade des Martyrs et Kinkole, dans des conditions précaires, en attente d’une indemnisation qui tarde à se matérialiser.
Cette situation soulève des interrogations sur l’efficacité de la chaîne de solidarité étatique et sur la gestion de l’urbanisation anarchique, facteur aggravant d’érosions et de crues fatales. En effet, Kinshasa, capitale de plus de 15 millions d’habitants, est traversée par plus d’une vingtaine de rivières, dont la rivière Ndjili, régulièrement en crue, comme ce fut encore le cas le 5 avril dernier, entraînant d’autres pertes humaines et matérielles.
La République Démocratique du Congo, souvent qualifiée de puissance hydrique du continent, semble aujourd’hui en décalage entre ses potentialités naturelles et la réalité de sa résilience face aux catastrophes. Si les pluies sont certes plus intenses et imprévisibles en raison du climat mondial, la mauvaise planification urbaine, l’absence de canalisations viables et la négligence dans la maintenance des rivières continuent d’exposer la capitale à des drames prévisibles.
En attendant des réformes structurelles profondes et des réponses concrètes aux engagements passés, des familles pleurent encore leurs morts, tandis que d’autres sinistrés attendent toujours qu’on tienne les promesses faites il y a des mois.
Elrick Elesse


