Une onde de choc secoue l’opinion publique congolaise après la révélation d’un projet de parrainage du club français AS Monaco par le gouvernement de la République Démocratique du Congo. Le contrat, estimé à 4,8 millions d’euros sur trois ans, avec une rallonge annuelle de 200 000 euros, serait justifié par la volonté de « promouvoir l’image du pays ». Mais cette initiative est largement qualifiée d’aberrante, irresponsable, voire provocatrice, dans un contexte de crise généralisée.
Dans une déclaration collective, des voix issues de la société civile, du monde politique et du secteur sportif dénoncent avec vigueur l’incohérence de cet engagement financier, alors même que le pays fait face à des défis structurels immenses. « Le football congolais est en agonie, gangrené par les détournements, le manque de financement et l’abandon des talents locaux », rappellent les signataires.
Ils ajoutent que dans un pays où les routes sont impraticables, l’accès à l’eau et à l’électricité reste un luxe, et où l’indice de corruption figure parmi les pires au monde, un tel partenariat relève d’une insulte à la misère du peuple.
Le parrainage est perçu non seulement comme un gaspillage des ressources publiques, mais aussi comme une tentative maladroite de communication politique, sans retombées concrètes pour la population congolaise. Les détracteurs de ce projet estiment que ces fonds auraient dû être réinvestis dans les secteurs prioritaires tels que : la réhabilitation des infrastructures routières et scolaires, l’équipement des hôpitaux publics, ou encore la création d’emplois pour les jeunes.
Certains dénoncent aussi les zones d’ombre autour des modalités du contrat, suspectant des intérêts opaques et des circuits d’exécution peu transparents. Face à ce qu’ils considèrent comme un acte de mépris institutionnalisé, les auteurs de la déclaration appellent à l’annulation immédiate de ce partenariat, et exhortent les institutions de contrôle, telles que l’IGF (Inspection Générale des Finances) et la Cour des comptes, à ouvrir une enquête sur cette affaire.
« Il est inacceptable que l’État congolais finance un club étranger pendant que ses propres citoyens survivent dans la précarité. C’est une gifle aux millions de familles congolaises abandonnées à elles-mêmes », lit-on dans le texte.
Un mot d’ordre clair est lancé : mobilisation générale contre cette initiative jugée absurde, pour rappeler que l’argent public doit répondre en priorité aux besoins fondamentaux du peuple congolais, et non servir d’outil de prestige mal placé à l’étranger.
Pascal Nduyiri


