Ce vendredi à Washington, l’Histoire s’est écrite à l’encre de la paix. Après plus de trois décennies de méfiance, de conflits sanglants et d’espoirs trahis, la République Démocratique du Congo et le Rwanda ont posé un geste fort : la signature d’un accord de paix censé refermer l’un des chapitres les plus douloureux de la région des Grands Lacs.

Une poignée de main attendue, un symbole fort. Face aux caméras du monde entier, Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre congolaise des Affaires étrangères, et Olivier Nduhungirehe, son homologue rwandais, ont paraphé le document en présence du Secrétaire d’État américain Marco A. Rubio, médiateur principal de cet accord. « La paix est un choix, mais aussi une responsabilité », a lancé la ministre congolaise, visiblement émue. « Aujourd’hui, nous avons choisi la paix. »
Son vis-à-vis rwandais n’a pas hésité à parler d’un « accord historique », affirmant que le Rwanda est prêt à travailler de nouveau avec la RDC dans un esprit de coopération régionale renouvelée.

Derrière les formules diplomatiques, un contenu dense et ambitieux : Retrait effectif des groupes armés non étatiques, Cessation immédiate des hostilités, Création d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, Retour des déplacés et réfugiés dans la dignité, Et relance des échanges bilatéraux sur les plans économique, sécuritaire et humanitaire. L’accord s’inscrit dans la continuité des déclarations de principes signées en avril dernier, et dans un climat régional encore fragile.
Ce texte est porteur d’un espoir immense pour les populations de l’Est congolais, meurtries depuis des décennies par les conflits à répétition, les violences sexuelles, les déplacements massifs et les pillages. Mais il suscite aussi du scepticisme, nourri par les promesses non tenues du passé.
« Une paix signée n’est pas une paix acquise », glisse un diplomate occidental en marge de la cérémonie.
Le gouvernement américain, par la voix de Marco Rubio, a promis un accompagnement actif pour la mise en œuvre, insistant sur la nécessité d’actes concrets sur le terrain pour donner corps à cet engagement. Une page se tourne, mais le livre reste ouvert
La RDC et le Rwanda viennent de faire un choix historique : celui du dialogue plutôt que de la confrontation, celui de la réconciliation plutôt que de la vengeance. Le monde observe. L’Est du Congo espère. Reste à voir si les mots signés à Washington résisteront à l’épreuve du sol congolais.
Junior Kulele


