La fin de l’année scolaire 2024-2025 laisse un goût amer à des milliers de familles congolaises. Dans plusieurs régions du pays, notamment au Nord et Sud-Kivu, les élèves n’ont toujours pas reçu leurs bulletins scolaires, malgré le paiement des frais exigés à cet effet. Une situation que l’Association Nationale des Parents d’Élèves et Étudiants du Congo (ANAPECO) qualifie de « sabotage organisé » orchestré depuis le ministère de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté.
Dans une déclaration ferme faite le samedi 5 juillet 2025, Steve Mbongi, président de l’ANAPECO, a dénoncé une trahison manifeste du système éducatif envers les parents d’élèves. Il accuse certains hauts cadres du ministère de détourner l’attention des vraies responsabilités en ayant recours à des intimidations et insultes, via des réseaux bien organisés à l’intérieur même de l’institution.
« Ce n’est pas un simple retard administratif. C’est une manœuvre délibérée et structurée », affirme Steve Mbongi.
Au centre des accusations figure Mukenge, secrétaire général ad intérim du ministère, désigné comme principal responsable de l’échec du processus d’impression des bulletins. Selon l’ANAPECO, le marché public y relatif a été lancé tardivement et hors du calendrier scolaire officiel, causant une désorganisation massive et un désarroi généralisé.
Steve Mbongi pointe également du doigt l’entourage de la ministre d’État à l’EPST, Raïssa Malu Dinanga, accusé de suivre des intérêts purement financiers au détriment du service public. Il évoque l’existence d’un réseau d’enrichissement personnel au sein du ministère, qui bloquerait volontairement certains services essentiels, dont la délivrance des documents scolaires.
Face à cette crise, l’ANAPECO exige une réforme en profondeur de la gouvernance éducative. Sa porte-parole appelle à la fin du silence complice et demande que les responsabilités soient établies clairement, sans considération de rang hiérarchique. « Il est temps de mettre un terme aux pratiques opaques qui fragilisent notre école publique », a-t-elle martelé, en exhortant les autorités à agir avec rigueur et transparence.
En parallèle, l’association a renouvelé son soutien aux enseignants déployés dans les zones d’insécurité, qui exercent dans des conditions précaires, souvent sans rémunération. Cette situation, selon l’ANAPECO, contribue à la démotivation croissante des enseignants et menace la qualité de l’enseignement en RDC.
Alors que ce scandale continue d’indigner l’opinion publique, le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) appelle à l’ouverture d’une enquête judiciaire et à des sanctions exemplaires contre les auteurs de cette gestion chaotique. L’ANAPECO, pour sa part, plaide pour une restructuration complète du ministère de l’EPST, la mise en place de mécanismes de contrôle indépendants, et l’instauration d’une gestion plus transparente des opérations liées aux documents scolaires.
Un signal fort est attendu de la part des pouvoirs publics, afin de restaurer la confiance dans le système éducatif congolais et garantir à chaque enfant un droit fondamental à une éducation digne, équitable et respectueuse des engagements de l’État.
La rédaction de b-onetv.cd


