La capitale congolaise est à nouveau confrontée à une menace sanitaire sérieuse. Le choléra refait surface avec une intensité préoccupante, a révélé le ministre de la Santé publique, Dr Roger Kamba, ce jeudi 10 juillet 2025, lors d’un point de presse à Kinshasa. Selon les données du ministère, environ 130 nouveaux cas sont recensés chaque semaine, une tendance jugée alarmante. Vingt-cinq zones de santé sur les trente-cinq que compte la ville sont déjà affectées, et des décès ont été signalés, bien que leur nombre exact n’ait pas encore été communiqué publiquement.
Face à cette flambée, trois centres de traitement du choléra sont déjà opérationnels : L’hôpital de Ngiri-Ngiri, le centre du camp militaire Kokolo et le site de Pakadjuma dans la commune de Limete, quartier régulièrement exposé à des risques d’épidémies en raison de ses conditions sanitaires précaires. Deux autres structures s’apprêtent à entrer en service pour renforcer la capacité de réponse : L’hôpital Mama Koko à Mont Ngafula et l’hôpital universitaire Renaissance.
Le Dr Roger Kamba a tenu à rassurer la population, affirmant que la prise en charge médicale est totalement gratuite dans tous les centres habilités. Il a également exhorté les Kinois à consulter sans tarder dès l’apparition des premiers symptômes : diarrhée aiguë, vomissements, déshydratation. « Le traitement du choléra est efficace s’il est administré à temps. Nous appelons la population à ne pas attendre. Se faire soigner tôt, c’est se sauver soi-même et sauver les autres », a insisté le ministre.
Cette nouvelle poussée du choléra met en lumière les fragilités structurelles de la capitale : accès insuffisant à l’eau potable, insalubrité persistante dans plusieurs quartiers, et manque de sensibilisation à l’hygiène. Malgré des campagnes antérieures, les conditions favorisant la propagation du choléra restent omniprésentes, notamment dans les zones à forte densité urbaine et au réseau d’assainissement défaillant.
La situation exige une réponse multisectorielle urgente : santé publique, gestion des déchets, accès à l’eau, communication de proximité. Le ministère de la Santé, avec le soutien des partenaires techniques et financiers, envisage le déploiement d’équipes mobiles de sensibilisation et de traitement dans les quartiers les plus exposés. À ce jour, aucune mesure de restriction ou de confinement n’a été annoncée, mais la vigilance est de mise, alors que Kinshasa tente d’enrayer une propagation plus large.
Le choléra, maladie évitable mais redoutable, rappelle une fois de plus à Kinshasa l’importance d’un système sanitaire résilient et d’un environnement urbain sain.
Pascal Nduyiri


