L’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Godé Mpoyi, est sorti de son silence, visiblement ébranlé par la démolition de sa résidence située sur l’avenue Allée Verte, dans le quartier Jolie-Parc, commune de Ngaliema. Sa maison a été rasée dans le cadre des opérations de déguerpissement menées par les autorités urbaines contre les constructions qualifiées d’anarchiques.
Très remonté, le député national élu de Bandalungwa n’a pas mâché ses mots lors d’un passage à la télévision, allant jusqu’à faire une déclaration controversée :
« Vous pensez que si je n’étais pas pasteur, je serais encore ici à Kinshasa ? Si je ne l’étais pas, vous m’auriez entendu à Goma ! »
Une allusion à peine voilée à la rébellion qui, pour certains, frôle l’apologie de l’insurrection.
Godé Mpoyi estime que cette opération, au lieu de rétablir l’ordre, risque d’attiser la colère populaire. Il met en garde contre les conséquences d’actes qu’il qualifie d’injustes : « On condamne les rebelles, oui… mais quand on provoque de telles injustices, qui peut les condamner ? Les vrais instigateurs de l’instabilité, ce sont ceux qui créent ce genre de situation. »
Membre de l’Union sacrée de la Nation, l’élu accuse certains hauts cadres de Kinshasa d’avoir personnellement orchestré la destruction de sa maison. Il dénonce un acharnement politique et une volonté manifeste de nuire à sa personne :
« Mes biens, je les ai acquis honnêtement, à la sueur de mon front. Je ne suis pas un voleur. Ce sont les mêmes personnes qui, hier, m’accusaient faussement d’avoir reçu des millions de dollars. Aujourd’hui encore, ce sont eux qui détruisent ma maison. »
L’opération de démolition, intensifiée ces dernières semaines, touche plusieurs quartiers de la capitale, dont l’avenue Trois Vallées. Si les autorités justifient cette campagne par la nécessité de libérer les espaces publics et les zones à risque, elle suscite, dans certains milieux, colère, incompréhension et accusations de ciblage politique.
Une chose est certaine : la sortie musclée de Godé Mpoyi relance le débat sur la gestion urbaine et les limites de l’autorité publique face aux droits des citoyens.
Djodjo Mafuku


