Alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo demeure critique, aggravée par l’activisme persistant de la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, la France renouvelle son engagement en faveur de la paix dans la région des Grands Lacs. À l’occasion de la fête nationale française, célébrée ce samedi 12 juillet à Kinshasa, l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, a exprimé le soutien total de son pays à la mise en œuvre de l’accord de Washington, signé le 27 juin dernier entre la RDC et le Rwanda, sous la médiation des États-Unis.
« Je tiens à saluer la signature de l’accord de Washington et à renouveler le plein soutien de la France à sa mise en œuvre, ainsi qu’à son approfondissement par des accords complémentaires », a déclaré le diplomate français. « Il s’agit d’une première étape décisive. Si nous savons que beaucoup reste à faire, nous reconnaissons aussi que c’est une réelle opportunité pour parvenir enfin à une paix durable. »
Pour Rémi Maréchaux, la stabilité de l’Est de la RDC ne constitue pas seulement un enjeu national, mais un impératif régional et continental. Il a souligné le rôle central de la RDC dans l’intégration africaine, du fait de sa position géographique unique au croisement de l’Afrique centrale, orientale et australe.
« La paix à l’Est est indispensable à l’intégration continentale africaine et à la réalisation du projet panafricain. Cette intégration est une inspiration commune à l’Europe et à l’Afrique, les deux seuls continents qui partagent ce rêve d’unité. »
Signé en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio et des ministres des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner, et du Rwanda, Olivier Nduhungirehe, l’accord de Washington repose sur une Déclaration de principes adoptée en avril dernier. Il prévoit notamment :
Le respect de l’intégrité territoriale de la RDC ; L’arrêt des hostilités dans l’Est du pays ; La mise en place d’un mécanisme conjoint de sécurité pour coordonner le retrait des troupes rwandaises et la neutralisation des groupes armés étrangers, notamment les FDLR. L’Union africaine, le Qatar et le Togo ont également assisté à la cérémonie de signature comme partenaires garants.
Parallèlement à l’accord bilatéral entre Kinshasa et Kigali, le Qatar mène une médiation active entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, dont les activités armées continuent de plonger les provinces de l’Est dans l’insécurité. Un nouveau cycle de discussions s’est récemment ouvert à Doha, en présence des ministres de l’Intérieur congolais et rwandais.
Fin mai, les deux parties avaient signé un communiqué conjoint à Kinshasa, promettant une trêve et des pourparlers soutenus pour aboutir à un cessez-le-feu effectif. Selon plusieurs sources diplomatiques, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame pourraient être reçus par Donald Trump à la Maison Blanche d’ici fin juillet, dans le but d’avaliser politiquement les accords en cours et de donner une nouvelle impulsion au processus de paix dans les Grands Lacs.
Alors que les lignes semblent enfin bouger, les soutiens extérieurs – Washington, Paris, Doha – insistent sur l’importance de concrétiser rapidement les engagements pris. La France, par la voix de Rémi Maréchaux, appelle à ne pas s’arrêter à l’accord de Washington, mais à l’enrichir par des accords complémentaires, susceptibles de traiter les causes profondes de l’instabilité, notamment les questions liées à la souveraineté, au retour des déplacés, et à la réintégration des groupes armés. Un espoir fragile, mais réel, pour une région qui aspire depuis trop longtemps à la paix.
La rédaction de b-onetv.cd


