Après plus de deux mois de détention sans communication officielle sur les charges retenues contre lui, l’ancien ministre congolais des Mines, Martin Kabwelulu, a été remis en liberté ce mardi 29 juillet 2025 à Kinshasa. L’ancien dignitaire du régime Kabila avait été interpellé le 22 mai dernier et placé sous garde dans les installations du Conseil national de cyberdéfense (CNC), un service de renseignement rattaché à la Présidence de la République.
Pendant sa détention, Kabwelulu n’a bénéficié que d’un nombre très restreint de visites, selon des sources proches de sa famille. Aucun communiqué officiel n’a, à ce jour, clarifié les raisons exactes de sa privation de liberté.
Cependant, des sources concordantes rapportent que l’ex-ministre a été longuement entendu sur l’attribution controversée des carrés miniers pendant ses douze années passées à la tête du ministère des Mines, sous la présidence de Joseph Kabila. Les enquêteurs se seraient particulièrement intéressés aux liens entre ces actifs miniers et le patrimoine de l’ancien président, aujourd’hui sénateur à vie.
La sortie de détention de Kabwelulu intervient dans un climat politique et judiciaire marqué par une série de procédures visant l’entourage de Joseph Kabila. La levée des immunités parlementaires de ce dernier a été actée, ouvrant la voie à un procès inédit contre un ancien chef de l’État congolais. Plusieurs anciens collaborateurs et ministres de son régime sont dans le viseur de la justice.
Ministre des Mines de 2007 à 2019, Martin Kabwelulu a longtemps été considéré comme l’un des piliers de l’économie extractive du pays. Son rôle dans la redistribution des concessions minières, dans un secteur stratégique pour la RDC, continue de susciter interrogations et controverses, dans un contexte où la transparence dans la gestion des ressources naturelles reste un défi majeur.
Sa libération, bien que discrète, relance les débats sur les enjeux politiques et judiciaires autour de l’héritage du régime Kabila, alors que le gouvernement actuel multiplie les signaux de lutte contre l’impunité.


