Les regards du monde se tournent vers Kinshasa, où se joue une partie décisive autour des minerais stratégiques. Dans une interview accordée à B-One Télévision et qui sera diffusée ce lundi 18 août, l’Ambassadrice des États-Unis en République démocratique du Congo, Lucy Tamlyn, a levé un coin du voile sur l’état d’avancement des négociations entre Washington et Kinshasa en vue de la signature d’un partenariat majeur sur l’exploitation des minerais rares.
“Nous sommes sur le bon chemin”, affirme la diplomate américaine, soulignant que plusieurs étapes importantes ont déjà été franchies. Selon elle, l’accord de paix signé récemment, la tenue de la réunion du comité de suivi et les prochaines discussions prévues à Doha constituent des jalons encourageants. “Nous avons déjà convaincu tous les acteurs de s’asseoir, de signer des déclarations de principes et aussi l’accord de paix. Nous continuerons comme des partenaires fiables de la RDC à accompagner ce processus, car le peuple congolais mérite une paix durable dans l’Est”, a-t-elle martelé.
Au-delà de la paix, Lucy Tamlyn a révélé que l’accord en gestation sur les minerais critiques s’inscrit dans un cadre plus large d’intégration économique régionale. Celui-ci, estime-t-elle, devrait favoriser une accélération des réformes congolaises en matière de climat des affaires :
“Il y a toujours des discussions, mais le cadre économique régional donne déjà une direction. Pour vraiment ouvrir la voie aux sociétés américaines et aux autres entreprises responsables, l’amélioration du climat des affaires reste essentielle. Ces discussions vont se poursuivre”, a-t-elle précisé.
Ces négociations stratégiques, qui portent notamment sur le cobalt, le cuivre, le coltan et le lithium – ressources cruciales pour les technologies vertes et la transition énergétique – suscitent déjà un vif débat aux États-Unis. Un groupe de parlementaires démocrates a récemment interpellé le président Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio sur le manque de transparence entourant ces pourparlers.
Dans leur correspondance, ils exigent un processus inclusif, associant le Congrès, et insistent sur la nécessité de garantir que l’exploitation de ces ressources ne se fasse pas au détriment des populations congolaises, déjà meurtries par la guerre dans l’Est et les violations des droits humains.
Sur le sol congolais, certains analystes appellent également à la vigilance. Si ce partenariat avec Washington est présenté comme une opportunité historique, des voix s’élèvent pour demander des garanties solides : éviter que l’accord ne devienne un nouveau vecteur de corruption ou n’aggrave la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
En attendant la conclusion des discussions et l’éventuelle rencontre entre Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Donald Trump, encore sans date fixée, Kinshasa se retrouve une fois de plus au cœur de l’échiquier géopolitique mondial. L’intégralité de l’interview de Lucy Tamlyn sera diffusée ce lundi 18 août à 20h30 sur B-One Télévision.


