La Haute Cour militaire a tenu, lundi, une audience très attendue à la prison militaire de Ndolo. À l’issue des débats, le ministère public a requis 15 ans de prison ferme ainsi que la révocation des Forces armées de la RDC (FARDC) contre plusieurs officiers supérieurs poursuivis pour un présumé complot visant à renverser par la force le régime du président Félix Tshisekedi.
Au cœur de ce procès figure le général de brigade Ericsson Bakati, issu de l’unité de la Garde Républicaine, présenté par l’accusation comme l’un des principaux instigateurs du projet de coup d’État. Le magistrat instructeur a soutenu que les officiers auraient planifié « une entreprise de déstabilisation de l’ordre républicain » et violé leur serment de loyauté envers la nation et le chef de l’État.
L’audience, très suivie, a mis en lumière la gravité des faits reprochés. Selon l’accusation, les prévenus auraient non seulement envisagé de saper l’autorité de l’État par les armes, mais aussi tenté de recruter au sein des forces régulières pour élargir leur mouvement. Du côté de la défense, les avocats des officiers ont plaidé l’absence de preuves matérielles, dénonçant ce qu’ils qualifient de « procès politique » destiné à museler toute dissidence dans l’armée. Ils ont demandé l’acquittement pur et simple de leurs clients.
Le verdict de la Haute Cour militaire est attendu dans les prochains jours. Quelle que soit l’issue, ce procès reste un signal fort lancé par Kinshasa dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires à l’Est du pays et les appels réitérés du pouvoir à la cohésion au sein des FARDC.


