La République Démocratique du Congo s’apprête, une fois de plus, à se retrouver autour d’une table de discussion. L’initiative revient à la Fondation Thabo Mbeki, du nom de l’ancien président sud-africain, qui convie les acteurs de la scène politique congolaise à la conférence “African Peace & Security Dialogue”, prévue du 3 au 6 septembre à Johannesburg.
Cette rencontre se veut un carrefour stratégique où se croiseront d’anciens présidents, opposants, membres du gouvernement, leaders religieux et représentants de la société civile. Parmi les invités de marque : Joseph Kabila, Moïse Katumbi, Corneille Nangaa, Thomas Lubanga, Martin Fayulu, Vital Kamerhe, Antipas Mbusa Nyamwisi, Seth Kikuni, Eberande Kolongele, ainsi que des représentants de la CRP, de la CENCO et de l’ECC.
Le pari est immense. Car la RDC ploie toujours sous le poids d’une crise multiforme : méfiance politique, chaos sécuritaire, drame humanitaire. Après les dialogues avortés de Luanda, les négociations fragiles de Washington et les illusions de Doha, le pays reste prisonnier d’une spirale de violences qui engloutit les populations de l’Est. Pendant que le Conseil de sécurité multiplie les résolutions, les massacres, eux, continuent.
Plus de vingt ans après le Dialogue intercongolais qu’il avait déjà inspiré, Thabo Mbeki revient dans l’arène congolaise. Tel un rappel d’histoire, son initiative réveille l’espoir d’un règlement politique. Car en 2002, il avait su mener, à Pretoria, un accord majeur qui mit fin à une phase intense du conflit. Reste une interrogation : L’aura de Thabo Mbeki suffira-t-elle à briser, cette fois, le cycle infernal de la guerre dans les Grands Lacs ?
Elrick Elesse


