Vendredi 29 août, 11 heures. En quelques minutes, Goma a basculé dans une euphorie collective. Les résultats de l’Examen d’État 2025 viennent de tomber, et la capitale du Nord-Kivu explose de joie. Dans les rues, des milliers de jeunes diplômés crânes blanchis à la poudre, sifflets aux lèvres et vuvuzelas en main, transforment la ville en un immense carnaval.

Dès la fin de la matinée, les abords de l’INSTIGO et de l’Institut Supérieur de Commerce sont noirs de monde. Cris de victoire, chants et danses improvisées rythment une journée historique pour ces finalistes qui tournent la page du secondaire.
Dans plusieurs quartiers, la circulation est ralentie, mais personne ne s’en plaint : la fête prime sur tout. Goma célèbre ses champions.
Pour la première fois, les candidats ont massivement consulté leurs résultats via des applications mobiles. Un soulagement pour les élèves, impatients de connaître leur sort. Chiruza Shinge Joël, de l’Institut Mont Goma, raconte sa nuit blanche : « Hier, quand j’ai appris que les résultats sortiraient aujourd’hui, je n’ai pas fermé l’œil. Je suis tellement content ! J’ai réussi avec 54 %. Je pensais devoir attendre des semaines. Quelle surprise ! » Masika Ngavho Linah, du Lycée Amani, rayonne avec ses 82 % : « Je rends grâce à Dieu. Plusieurs amis ont aussi réussi. Aujourd’hui, je suis la plus heureuse du monde. »
La ministre d’État en charge de l’Éducation, Raïssa Malu Dinanga, a salué le courage des élèves du Nord et du Sud-Kivu, en particulier ceux vivant sous occupation des groupes armés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 68 866 finalistes (dont 32 391 filles) ont composé au Nord-Kivu, et 75 097 (dont 34 092 filles) au Sud-Kivu.
Malgré les combats à Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, les épreuves ont eu lieu grâce à une mobilisation héroïque des enseignants, inspecteurs, autorités locales et communautés éducatives.
L’Unicef et plusieurs partenaires techniques et financiers ont apporté un soutien logistique crucial, transportant les malles d’examen jusque dans les zones les plus isolées.
Un hommage appuyé a été rendu aux enfants empêchés de passer leur examen, certains étant victimes d’enrôlement forcé.

Ce 29 août restera gravé dans l’histoire de Goma. Pour ces jeunes, cette réussite est bien plus qu’un diplôme : c’est une victoire sur la peur, un acte de résistance face à la guerre, et un cri d’espoir pour tout un pays.


