En visite officielle en République démocratique du Congo, Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des opérations de maintien de la paix, a dénoncé ce dimanche les restrictions sévères imposées aux équipes de la MONUSCO dans les zones contrôlées par la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), soutenue par le Rwanda.
Lors de sa conférence de presse tenue à Beni, dernière étape de son séjour, Jean-Pierre Lacroix a vivement critiqué ces entraves : « Nous avons, dans les zones occupées par le M23 et les forces rwandaises, des difficultés supplémentaires liées à des restrictions imposées à nos collègues de la MONUSCO : limitation des déplacements, pressions sur l’accès à l’eau et à l’électricité, blocages au passage de biens et de personnes aux frontières de Goma et Gisenyi. Ces mesures sont inacceptables et doivent être levées », a-t-il déclaré.
Le numéro deux de l’ONU a indiqué que lors de ses discussions avec les autorités congolaises, celles-ci ont insisté pour que la mission onusienne reste présente à Goma, malgré les tensions, afin de continuer à jouer son rôle conformément à son mandat. « Nous appelons à la coopération de tous pour lever ces restrictions. Notre intention est de rester sur place, dans la mesure du possible, pour apporter notre soutien », a ajouté Lacroix.
Ces accusations rappellent les inquiétudes exprimées en juin dernier par Bintou Keita, cheffe de la MONUSCO, qui avait déjà dénoncé les barrages routiers et l’exigence d’un préavis de 48 heures pour les convois de l’ONU dans les zones sous occupation de l’AFC/M23. En réponse, la rébellion accuse la MONUSCO de partialité dans le conflit, affirmant qu’elle aurait soutenu les FARDC et les forces de la SADC lors de combats à Goma, Kavumu et dans d’autres localités du Nord et du Sud-Kivu. Des allégations que la mission des Nations Unies a catégoriquement rejetées.
Depuis la prise de Goma par le M23 en 2025, la situation humanitaire et sécuritaire s’est fortement dégradée. Les restrictions imposées à la MONUSCO compliquent ses opérations d’appui logistique, de protection des civils et de maintien de la paix. Cette nouvelle sortie de Jean-Pierre Lacroix illustre l’escalade des tensions entre la rébellion, les Nations Unies et les autorités congolaises, dans un contexte où les efforts diplomatiques peinent à ramener la stabilité dans l’est du pays.


