Alors que s’ouvre la session budgétaire 2025 à l’Assemblée nationale, le bureau dirigé par Vital Kamerhe mise sur des mesures sociales et financières fortes pour apaiser le climat parlementaire et renforcer la cohésion entre élus. L’annonce de la revalorisation des indemnités des députés, la régularisation des pensions des honoraires et la prise en charge des assistants parlementaires marque un tournant dans la gestion de l’institution législative.
Selon des sources internes, la rémunération globale des députés nationaux a été réévaluée à près de 20 000 USD par mois, contre 15 750 USD au début de la législature. Cette hausse s’explique par l’introduction de deux nouvelles lignes budgétaires représentant 11,7 millions de francs congolais (environ 4 000 USD). Ces mesures ont été rendues possibles grâce à un dialogue constant entre le bureau de l’Assemblée nationale et le gouvernement, traduisant une volonté de consolider l’image et le rôle du Parlement dans le processus décisionnel national.
Pour les observateurs politiques, cette décision reflète également le poids stratégique de Vital Kamerhe dans l’équilibre des institutions. Figure centrale du paysage politique congolais et président de l’Assemblée nationale, Kamerhe cherche à montrer sa capacité à gouverner et à gérer les tensions internes, notamment au sein de la majorité parlementaire.
Autre mesure majeure : la nomination officielle des assistants parlementaires. Longtemps réclamée, cette décision renforce la professionnalisation du travail législatif. Elle répond à une critique récurrente sur la surcharge de travail des députés et le manque d’efficacité administrative. En régularisant ce dossier, le bureau Kamerhe met en place un cadre plus structuré, où chaque élu dispose d’un personnel qualifié pour mieux exercer son mandat.
Les députés honoraires affiliés au Service de Sécurité Sociale des Parlementaires (SESOPA) bénéficient désormais d’une pension intégrale et régulière. Cette avancée est le fruit de discussions avec le gouvernement, qui a accepté de réajuster l’enveloppe budgétaire pour inclure toutes les législatures. Ce geste est symbolique : il traduit une volonté d’honorer les anciens élus et de reconnaître leur rôle dans la consolidation démocratique. Pour de nombreux députés sortis de mandat, cette mesure met fin à une longue période d’incertitude financière.
Cette rentrée parlementaire se déroule dans un contexte budgétaire tendu. La RDC fait face à des défis majeurs : Une insécurité persistante dans l’Est avec l’activisme du M23 et d’autres groupes armés ; Une pression sociale due à la flambée du coût de la vie ; Une dette publique croissante et une dépendance accrue aux recettes minières ; Des attentes fortes de la population concernant les réformes structurelles et la lutte contre la corruption.
L’adoption du budget 2026 sera donc scrutée de près. Le gouvernement devra arbitrer entre les investissements sécuritaires, les projets d’infrastructures, les dépenses sociales et la stabilité macroéconomique. Pour Vital Kamerhe, ce début de session est également un test politique. En obtenant l’adhésion des députés à travers ces mesures, il consolide sa position à la tête de l’Assemblée nationale et se présente comme un homme de consensus capable d’apaiser les tensions.
Cette stratégie pourrait également préparer le terrain pour de futures ambitions politiques, dans un contexte où les équilibres au sein de l’Union sacrée restent fragiles.
La session budgétaire 2025 ne sera pas qu’une formalité. Au-delà des chiffres, elle portera des décisions structurantes pour l’avenir du pays : le financement de la défense, la relance économique, les réformes institutionnelles et la stabilité politique. Les concessions du bureau Kamerhe semblent avoir ouvert la voie à des débats plus sereins, mais les enjeux restent immenses.
Junior Kulele


