La journée de ce vendredi s’est conclue par une audition attendue : celle de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, convoqué par la Commission spéciale et temporaire chargée d’examiner les pétitions visant plusieurs membres du Bureau. C’est en fin d’après-midi que Kamerhe a franchi les portes de la salle de réunion, sous une atmosphère lourde et tendue. Les auditions, tenues à huis clos, n’ont rien laissé filtrer officiellement. Mais, selon plusieurs sources internes, le président de la Chambre basse a livré une défense ferme et argumentée.
Vital Kamerhe est principalement accusé de mauvaise gestion administrative et financière de l’Assemblée nationale. Certaines voix l’accusent également d’un pilotage « opaque » des affaires internes et d’un manque de concertation avec ses collègues du Bureau. Ces griefs, portés dans plusieurs pétitions, sont désormais passés au crible de la Commission.
Devant les commissaires, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État a tenu à réaffirmer son engagement à : respecter scrupuleusement le Règlement intérieur, garantir un processus parlementaire équitable et transparent, préserver le prestige et la crédibilité de l’Assemblée nationale, et surtout, à toujours mettre en avant l’intérêt supérieur de la Nation. Une déclaration qui se veut à la fois rassurante et combative, face à une fronde parlementaire qui pourrait fragiliser son mandat.
La Commission spéciale, présidée par le député Peter Kazadi (UDPS), a déjà entendu les initiateurs des pétitions plus tôt dans la journée. Les auditions des autres membres du Bureau – rapporteurs et questeurs – sont prévues pour le samedi. Les conclusions de ces travaux sont attendues avec impatience, tant elles pourraient redessiner l’équilibre politique à l’Assemblée nationale.
L’audition de Vital Kamerhe dépasse le simple cadre administratif. Elle s’inscrit dans une lutte d’influence qui traverse la Chambre basse et, plus largement, la coalition majoritaire au pouvoir. Entre règlements de comptes politiques, pressions des pétitionnaires et colère sociale des assistants parlementaires, l’Assemblée nationale se trouve au centre d’une tempête institutionnelle.


