Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a livré ce week-end à Doha un message fort en faveur d’une solidarité internationale repensée, plaçant la dignité humaine au cœur du développement. C’était à l’occasion du 2ᵉ Sommet mondial pour le développement social, trente ans après celui de Copenhague.
Dès le début de son allocution, Félix Tshisekedi a dressé un bilan critique des engagements mondiaux pris depuis 1995. « Le monde n’a pas tenu toutes ses promesses », a-t-il lancé, regrettant la persistance d’inégalités flagrantes dans un monde pourtant interconnecté. Le chef de l’État congolais a dénoncé le paradoxe d’un système où « une minorité a accès à tout, tandis que des millions d’êtres humains n’ont accès à presque rien ».
Pour Félix Tshisekedi, la justice sociale ne relève pas d’un idéal utopique mais d’un impératif politique. Il a mis en avant plusieurs réformes déjà en cours en RDC : La couverture santé universelle, offrant la gratuité des soins aux femmes enceintes et aux nouveau-nés ; La gratuité de l’enseignement primaire, permettant à plus de cinq millions d’enfants de retrouver le chemin de l’école ; Le programme d’alimentation scolaire, conçu pour lutter contre la faim et l’abandon scolaire. Ces initiatives, a-t-il expliqué, traduisent la volonté de son gouvernement d’« ériger la dignité humaine en politique publique ».
Le président congolais a ensuite évoqué le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), lancé en 2023. Ce vaste chantier, selon lui, vise à réduire les fractures régionales et à reconnecter les territoires enclavés. « Ce ne sont pas des concepts, ce sont des maternités qui fonctionnent, des salles de classe qui ouvrent », a-t-il insisté, soulignant que plus de mille infrastructures — écoles, centres de santé, bâtiments administratifs — ont déjà été érigées.
Abordant la question du changement climatique, Félix Tshisekedi a averti que « sans justice climatique, il n’y aura pas de justice sociale durable ». Confrontée à des inondations et sécheresses récurrentes, la RDC réclame, selon lui, un accès plus équitable aux financements verts. « L’accès aux ressources vertes doit devenir plus prévisible, plus rapide et plus juste », a-t-il plaidé, appelant à un nouvel équilibre dans les partenariats environnementaux.
En conclusion, le chef de l’État a appelé à refonder la solidarité internationale sur la réciprocité plutôt que sur la dépendance. « La coopération internationale ne doit pas être un système permanent d’assistance, mais un pacte d’égal à égal », a-t-il martelé. Félix Tshisekedi a terminé son allocution par un message d’unité et d’espoir, réaffirmant la volonté de la RDC de s’inscrire dans une dynamique mondiale fondée sur le respect mutuel, la dignité et la responsabilité partagée.
La rédaction de b-onetv.cd


