Une nouvelle tension sécuritaire a éclaté à la périphérie de Kinshasa. Dans la soirée du vendredi 7 novembre 2025, des éléments armés identifiés comme appartenant aux milices Mobondo ont mené une incursion dans la localité de Kindundu, située dans le groupement de Kingakati, à une trentaine de kilomètres du centre-ville. Selon un communiqué des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), signé par le capitaine Antony Mualushayi, porte-parole des opérations Ngemba, les insurgés, équipés d’armes à feu et d’armes blanches, ont été rapidement neutralisés par les unités déployées sur place.
Les forces loyalistes ont repris le contrôle total de la zone après plusieurs heures d’affrontements. « Les assaillants ont été mis hors d’état de nuire et la situation est désormais sous contrôle », a précisé le capitaine Mualushayi, qui appelle la population à garder son calme et à éviter de relayer les rumeurs, considérées comme « des armes utilisées par les ennemis de la paix ».
L’incursion des Mobondo dans le périmètre de Kingakati, zone où se situe notamment le Parc de la Vallée de la N’Sele, a suscité une vive inquiétude à Kinshasa. Ce lieu se trouve dans une région habituellement calme, à la limite des provinces du Kongo-Central et du Kwango. Des sources locales rapportent que les tirs ont semé la panique parmi les habitants du village Kisha et des localités environnantes. De nombreux résidents ont fui vers des quartiers périphériques de la capitale, notamment Mont Ngafula et Mitendi, cherchant refuge dans des familles d’accueil.
Des opérations de ratissage se poursuivent dans la zone, menées par les unités de la 14ᵉ région militaire, afin de retrouver les insurgés en fuite et sécuriser totalement les environs. L’armée indique que le bilan complet de cette intervention sera communiqué à la fin des opérations. Un officier supérieur des FARDC, joint sous anonymat, a précisé que les services de renseignement travaillent à identifier les réseaux d’approvisionnement de ces milices, soupçonnées de bénéficier de complicités locales et transprovinciales.
Les milices Mobondo sont issues d’un mouvement armé communautaire apparu en 2022 dans les provinces du Mai-Ndombe, Kwilu et Kwango, à la suite de différends fonciers et ethniques opposant les communautés Yaka et Teke. Malgré plusieurs appels au désarmement lancés par le gouvernement, ces groupes continuent de semer l’insécurité dans certaines zones rurales, s’étendant désormais vers les abords de Kinshasa.
Des analystes sécuritaires y voient un signal inquiétant de la porosité des frontières internes entre les provinces et de la fragilité du contrôle territorial de l’État dans les zones périurbaines de la capitale. Dans son communiqué, le commandement militaire a réaffirmé la détermination des FARDC à protéger la population et les sites stratégiques, tout en invitant les habitants à collaborer avec les forces de sécurité en signalant tout mouvement suspect.
« L’armée reste vigilante et déterminée à neutraliser toute menace contre la capitale et la paix nationale », conclut le capitaine Mualushayi. L’incident met en lumière la progression des milices vers Kinshasa, posant la question de la sécurité périphérique de la capitale.
Junior Kulele


