L’ancien candidat aux législatives, Sam Bokolombe Batuli, revient sur le devant de la scène judiciaire. Estimant avoir été injustement écarté lors des élections de décembre 2023, il a assigné en justice la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) ainsi que l’État congolais, leur reprochant une invalidation abusive de sa candidature.
Selon Bokolombe, l’annulation de ses suffrages dans la circonscription de Basankusu reposait sur des accusations de fraude, de violences et de vandalisme qu’il qualifie de « totalement infondées ». Ces motifs avaient conduit la CENI à invalider sa candidature, décision ensuite annulée par la Cour constitutionnelle en janvier dernier. La haute juridiction avait estimé que la CENI avait outrepassé ses compétences en prononçant cette invalidation, réhabilitant ainsi l’ancien député honoraire.
Fort de cette décision, Sam Bokolombe a décidé de poursuivre la CENI et l’État congolais pour réparation des préjudices moral, matériel et professionnel, qu’il évalue à 12,5 millions de dollars. L’affaire sera examinée publiquement le 5 décembre prochain devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. Professeur d’université et figure politique respectée, Bokolombe affirme avoir subi d’importantes pertes, tant sur le plan de sa réputation que de ses activités professionnelles. Pour lui, cette démarche vise à rétablir la vérité et la crédibilité du processus électoral congolais.
Cette affaire met en lumière les zones d’ombre entourant les contentieux électoraux de 2023. Plusieurs candidats avaient dénoncé des invalidations jugées arbitraires ou motivées politiquement. Le cas de Sam Bokolombe pourrait ainsi ouvrir un précédent juridique majeur, susceptible d’influencer la gestion future des litiges électoraux en RDC.
En attendant, le rendez-vous du 5 décembre s’annonce crucial : il marquera une étape décisive dans la quête de justice d’un homme déterminé à faire reconnaître ses droits face à l’institution électorale.
Elrick Elesse


