La morgue des Cliniques universitaires de Kinshasa fait face à une situation alarmante : plus de 80 corps y sont actuellement abandonnés, créant un risque sanitaire majeur pour la capitale. L’alerte a été lancée par le médecin-directeur de l’institution, le professeur Jean-Robert Makulo, qui dénonce une inertie prolongée des autorités compétentes.
Selon le professeur Makulo, les corps concernés sont principalement ceux : de personnes abandonnées par leurs familles, de morts-nés et de personnes du troisième âge, notamment celles décédées au Centre neuro-psycho-pathologique (CNPP). « Nous avons plusieurs fois écrit aux autorités. Elles ont multiplié les promesses, mais rien n’a été fait », regrette le médecin-directeur, manifestement lassé de l’absence de réponse concrète.
Il explique également que les Cliniques universitaires ne disposent pas du pouvoir d’enterrer ces dépouilles : « Nous n’avons pas l’autorisation de les enterrer. C’est l’Hôtel de ville de Kinshasa qui en a la charge, car il y a des procédures à respecter. » L’accumulation de ces corps dépasse désormais les capacités de stockage de la morgue. Le professeur Makulo met en garde contre un danger sanitaire réel, évoquant notamment la possibilité de prolifération d’épidémies : « Ce problème sanitaire expose la ville à des dangers, notamment des épidémies. »
À l’heure où la ville de Kinshasa doit déjà faire face à diverses urgences sanitaires et environnementales, cette situation soulève de graves inquiétudes parmi les professionnels de santé. Les Cliniques universitaires ne sont pas un cas isolé. Plusieurs morgues de la capitale sont confrontées au même phénomène de débordement, faute de prises en charge systématiques des corps abandonnés et de respect des procédures d’inhumation.
Ce dysfonctionnement récurrent met en lumière la nécessité d’une réforme urgente de la gestion mortuaire dans la ville de Kinshasa, ainsi qu’une meilleure coordination entre les structures hospitalières et l’Hôtel de ville.
La rédaction de b-onetv.cd


