La Cour d’assises de Paris entame ce lundi 1ᵉʳ décembre la deuxième semaine d’audition dans le procès de Roger Lumbala, poursuivi pour complicité de crimes contre l’humanité. L’ancien chef du RCD-N est accusé d’avoir soutenu ou dirigé des opérations marquées par des meurtres, viols, tortures et pillages dans les régions de Bafwasende, Epulu, Mambasa et Isiro entre 2002 et 2003, lors de l’opération « Effacer le tableau ».
Une dizaine de victimes et témoins ont été entendus la semaine dernière, certains à huis clos. Ils ont décrit les exactions attribuées aux combattants du RCD-N et rappelé le rôle central joué par Lumbala dans l’envoi de renforts et le commandement des troupes. Pour éclairer la responsabilité de l’accusé, la Cour a également examiné des archives de presse congolaise, ougandaise et internationale. Dans plusieurs interviews de l’époque, Roger Lumbala se présentait comme le chef incontesté du mouvement et revendiquait l’opération « Effacer le tableau ».
De nouveaux témoins, ainsi que des médecins et psychologues, seront entendus en présentiel ou par visioconférence depuis Bunia et Kinshasa. Leurs interventions visent à préciser l’impact des crimes et la chaîne de commandement du RCD-N, alors que Lumbala continue de boycotter les audiences.
Le président de la Cour a annoncé ce lundi que Roger Lumbala a levé sa grève de la faim, entamée le 12 novembre pour contester la compétence de la justice française. Malgré son refus de comparaître et l’absence de son équipe de défense, le procès se poursuit. Un ancien avocat a été désigné pour assurer sa représentation, mais le banc de la défense reste vide.
Le tribunal poursuit donc les auditions en l’absence de l’accusé, déterminé à établir son rôle exact dans les crimes commis lors de l’opération « Effacer le tableau ».


