Le gouvernement congolais a fait le point, jeudi 8 janvier 2026 à Kinshasa, sur les avancées enregistrées dans le secteur de la justice. Lors d’un briefing-presse conjoint, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ont exposé les principales mesures engagées pour restaurer la crédibilité de l’appareil judiciaire en République démocratique du Congo.
Interpellé sur les arrestations qualifiées d’« arbitraires » par une partie de l’opposition, Guillaume Ngefa a tenu à rassurer. Il a affirmé son engagement personnel à veiller au respect strict des procédures légales, rappelant que toute action judiciaire doit s’inscrire dans le cadre des lois de la République et des droits fondamentaux.
S’agissant du phénomène Kuluna, le ministre de la Justice a reconnu que certains prévenus actuellement poursuivis avaient quitté illégalement la prison centrale de Makala. Il a précisé que ces cas font l’objet d’un traitement judiciaire approprié, dans le respect des règles en vigueur. Sur le plan institutionnel, Guillaume Ngefa a révélé qu’aucune rétrocession des recettes judiciaires n’a été opérée depuis 2022, évoquant la nécessité de réformes structurelles pour améliorer la gouvernance et la transparence du secteur.
Dans le même esprit, il a annoncé que 270 détenus ont bénéficié de libertés conditionnelles strictement encadrées par la loi, tandis que 100 officiers de police judiciaire ont été formés et déployés afin de renforcer la légalité et la crédibilité des actes délivrés par le ministère. Le ministre a également mis en avant l’intensification de la lutte contre la corruption au sein de la magistrature. Au total, 324 magistrats impliqués dans des pratiques illicites ont été poursuivis, certains ayant écopé de sanctions allant jusqu’à la condamnation pénale et la radiation.
Un mécanisme de concertation permanente avec le Conseil supérieur de la magistrature a été instauré pour assainir durablement le secteur. Enfin, Guillaume Ngefa s’est félicité de l’annulation de tous les actes administratifs posés par le mouvement rebelle AFC/M23 dans les zones sous son occupation, réaffirmant la politique de tolérance zéro face aux atteintes à l’autorité de l’État et à l’intégrité du système judiciaire congolais.
JK


