Face à la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’Angola renforce son offensive diplomatique. Dernier signal en date : la consultation du Qatar, acteur de plus en plus présent dans les médiations internationales, dans le cadre d’une dynamique visant à encourager une solution pacifique entre la RDC et le Rwanda.
Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdulrahman ben Jassim Al-Thani, a reçu, samedi, un appel téléphonique du ministre angolais des Relations extérieures, Tete António, selon un communiqué officiel des autorités qataries.
D’après le ministère qatari des Affaires étrangères, les deux responsables ont échangé sur le renforcement de la coopération bilatérale entre Doha et Luanda, mais surtout sur les voies de règlement pacifique de la crise opposant la RDC au Rwanda. À cette occasion, le chef de la diplomatie qatarie a réaffirmé la position constante de l’État du Qatar, privilégiant le dialogue, les moyens pacifiques et le respect du droit international dans la résolution des conflits.
Cet échange s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large, marquée par une intensification notable des consultations régionales et internationales autour du dossier sécuritaire congolais. Depuis plusieurs semaines, l’Angola s’affirme comme un acteur central, multipliant les contacts à haut niveau.
Symbole de cette accélération : le président Félix Tshisekedi s’est rendu à deux reprises en moins d’un mois à Luanda pour s’entretenir avec son homologue angolais João Lourenço. Un rythme inhabituel, révélateur de la sensibilité du moment et de la recherche de pistes alternatives face à l’enlisement sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Selon des sources proches de la présidence congolaise, João Lourenço a soumis à Félix Tshisekedi une série de propositions liées à la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Le chef de l’État congolais en a pris acte, formulant ses observations, sans qu’aucune décision définitive ne soit arrêtée à ce stade.
Dans la continuité, le président angolais a élargi ses consultations à d’autres partenaires, assumant un rôle présenté comme celui d’un facilitateur discret, soucieux de sonder les différentes sensibilités avant toute initiative formelle.
Kinshasa, de son côté, indique observer ces démarches et attendre leur aboutissement avant de se prononcer. Fait notable : ni Luanda ni Kinshasa n’évoquent officiellement l’ouverture d’un nouveau processus de paix, une expression soigneusement évitée par les deux capitales. Pourtant, dans les faits, cette séquence diplomatique dessine les contours d’une dynamique renouvelée.
Allers-retours présidentiels, propositions concrètes, consultations régionales et désormais ouverture vers des partenaires extra-africains comme le Qatar : autant d’éléments qui traduisent une volonté de recherche de convergences, sous la pression d’une situation sécuritaire toujours plus critique dans l’Est congolais.
Si les contours d’une issue restent flous, une certitude s’impose : la diplomatie s’active, et l’Angola entend jouer un rôle clé dans la recomposition des équilibres autour du dossier congolais.
JK


