Le mois de janvier conserve un caractère particulier en République démocratique du Congo, marqué par plusieurs journées chômées et payées à forte portée historique. Outre le Nouvel An célébré le 1ᵉʳ janvier, trois autres dates sont officiellement reconnues comme jours fériés : les 4, 16 et 17 janvier. Dans un communiqué rendu public ce lundi 12 janvier, le ministère de l’Emploi et du Travail a annoncé que la journée fériée du samedi 17 janvier 2026, coïncidant avec un jour non ouvrable conformément à la législation congolaise, est reportée au lundi 19 janvier 2026.
« Étant donné que la journée du 17 janvier 2026 coïncide avec un samedi, ce jour férié est reporté au lundi 19 janvier 2026 qui, de même que le vendredi 16 janvier 2026, est déclaré chômé et payé sur toute l’étendue de la République », précise le communiqué. Cette décision permettra aux Congolais de bénéficier d’un long week-end de trois jours, du vendredi 16 au lundi 19 janvier 2026 inclus.
Le 16 janvier demeure une journée de recueillement national. Elle marque l’assassinat, en 2001, du Président Laurent-Désiré Kabila, artisan de la chute du régime du maréchal Mobutu et arrivé au pouvoir le 17 mai 1997, mettant fin à plus de trois décennies de dictature. Sous sa présidence, le pays a retrouvé son appellation de République démocratique du Congo, abandonnant celle de Zaïre.
La monnaie nationale est redevenue le franc congolais, tandis que les symboles nationaux drapeau et emblèmes ont été modifiés pour refléter cette nouvelle ère. La version actuelle du drapeau sera introduite plus tard sous la présidence de Joseph Kabila. Laurent-Désiré Kabila demeure dans l’histoire comme un révolutionnaire ayant rompu avec l’ordre ancien. Après son assassinat à Kinshasa, sa dépouille repose dans un mausolée érigé devant le Palais de la Nation.
Le 17 janvier est également une date tragique et fondatrice de la mémoire congolaise. Elle commémore l’assassinat, en 1961, de Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre du Congo indépendant, exécuté aux côtés de Maurice Mpolo et Joseph Okito. Dans la mémoire collective congolaise et internationale, Lumumba demeure une figure emblématique de la lutte pour la liberté, la souveraineté et la dignité des peuples africains, face à l’impérialisme et aux ingérences étrangères.
Son combat continue d’inspirer des générations bien au-delà des frontières du pays. Ce symbole reste fortement ancré dans la culture populaire, comme l’a illustré le geste du supporters Michel Kuka, qui avait marqué les esprits en reproduisant la posture de la statue de Lumumba dans les gradins lors de la CAN 2025. Plus de soixante ans après son assassinat, la République démocratique du Congo a pu organiser des funérailles nationales dignes, avec l’inhumation à Kinshasa des reliques de son tout premier Premier ministre.
Les journées des 16 et 17 janvier sont officiellement reconnues comme jours fériés, conformément à l’ordonnance n°23-042 du 30 mars 2023, fixant la liste des jours fériés légaux en République démocratique du Congo.
Emille Kayomba


