Les violations des droits fondamentaux demeurent une réalité préoccupante pour de nombreux citoyens congolais, exposés à des abus portant gravement atteinte à leur dignité et à leurs droits les plus élémentaires. Travailleurs lésés, familles endeuillées, veuves et orphelins : autant de situations alarmantes qui interpellent la conscience collective.

C’est dans ce contexte que plusieurs victimes se sont rendues, mardi 13 janvier 2026 dans l’avant-midi, au ministère des Droits humains, situé dans la commune de la Gombe, afin de déposer des dénonciations et solliciter justice. Parmi elles, des agents du Domaine agro-industriel présidentiel de la N’sele, majoritairement des femmes veuves et des orphelins, se sont présentés légumes en mains pour dénoncer la spoliation de leurs terres agricoles.
Selon leurs témoignages, ces terres auraient été envahies et détruites par des engins lourds, sans aucune base légale. Ils dénoncent également près de 400 mois d’arriérés de salaires impayés, couvrant la période de 2003 à 2026, une situation qu’ils qualifient de violation manifeste de leurs droits fondamentaux.
S’exprimant à ce sujet, Me Gustave Kemu, avocat près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, a précisé que : « Il existe, au niveau de la Direction générale de la dette publique (DGDP), des arriérés de salaires correspondant à 117 mois d’impaiement, pour la période allant de 1993 à 2003. Malheureusement, certaines personnes profitent des zones de troubles pour se livrer à des médiations frauduleuses et détourner ces fonds. » L’avocat a rappelé que ces salaires sont strictement individuels et que les comptes des bénéficiaires ont déjà été créés, permettant ainsi au ministère des Finances de procéder au paiement effectif des arriérés.
Par ailleurs, un autre dossier sensible a été porté à l’attention du ministère : celui de la démolition jugée injuste d’immeubles et de maisons, survenue du 08 au 13 Novembre 2025 sur l’avenue Funa, Quartier boyoma dans la commune de Kinshasa. Jean Lukavu, défenseur judiciaire basé à la Gombe, a dénoncé une violation flagrante des lois en vigueur : « La Constitution, notamment en son article 34, ainsi que la loi foncière ont été violées. Nos constructions ont été démolies sans indemnisation préalable, sans décision judiciaire et sans préavis, ce qui démontre clairement un mépris total de nos droits. »
Face à ces multiples dénonciations, le ministre des Droits humains, Samuel Bemba, a accordé une écoute attentive aux victimes et les a rassurées de son engagement personnel à s’impliquer afin de favoriser la restauration de leurs droits. Il convient de rappeler que, le 4 janvier 2026, un communiqué officiel avait annoncé l’ouverture de consultations de médiation, effectives depuis le mardi 6 janvier 2026. Cette initiative vise à rétablir la dignité des victimes et à renforcer la protection des droits humains en République démocratique du Congo.
Les victimes placent désormais leur espoir dans cette démarche, espérant qu’elle débouchera sur des solutions concrètes, une justice équitable et la restauration effective de leurs droits.
Jehovani Mulumba


