Kinshasa accueille, depuis ce dimanche 1er février 2026, une visite diplomatique à forte portée politique. Éléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, séjourne en République démocratique du Congo jusqu’au 3 février, dans un contexte marqué par une intensification des enjeux régionaux… et une nouvelle ambition congolaise sur la scène francophone.
Selon l’ambassade de France à Kinshasa, cette mission officielle constitue « un moment fort » dans les relations entre Paris et Kinshasa. L’objectif affiché est clair : réaffirmer l’engagement français aux côtés de la RDC dans plusieurs secteurs stratégiques, allant de la coopération politique à l’appui économique, en passant par la culture, l’environnement et les priorités du développement durable.
À son arrivée à l’aéroport international de N’djili, Éléonore Caroit a été accueillie par le ministre congolais de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, signe de l’importance accordée par les autorités congolaises à cette séquence diplomatique. Durant ces trois jours, plusieurs rencontres de haut niveau sont programmées, accompagnées de la signature d’accords et d’instruments de coopération, illustrant la profondeur des liens bilatéraux.
Paris insiste sur une dynamique fondée sur « le respect mutuel, la confiance et des intérêts partagés ». Mais cette visite intervient surtout dans un contexte nouveau : l’annonce officielle de la candidature de la RDC au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
D’après une note présentée au Conseil des ministres par Crispin Mbadu Phanzu, ministre délégué en charge de la Francophonie et de la Diaspora, Kinshasa souhaite désormais assumer pleinement un rôle de leadership au sein de l’organisation. Une démarche qui marque un tournant : la RDC, longtemps considérée comme un acteur majeur mais discret dans l’espace francophone, entend désormais briguer le sommet institutionnel de la Francophonie.
Derrière cette ambition, un autre enjeu se dessine : empêcher un éventuel troisième mandat de Louise Mushikiwabo, actuelle secrétaire générale de l’OIF, dont la candidature a été annoncée par Kigali. Ainsi, la Francophonie devient le théâtre d’un nouvel affrontement politique entre Kinshasa et Kigali, dans une rivalité qui dépasse désormais le seul champ sécuritaire.
La RDC doit encore dévoiler le nom de son candidat, attendu d’ici juin 2026, date limite fixée pour le dépôt officiel des candidatures. Dans ce duel diplomatique qui s’annonce, la position de la France reste une inconnue majeure. Paris, acteur influent au sein de l’OIF, se retrouve potentiellement au cœur d’un choix stratégique entre deux pays avec lesquels elle entretient des relations complexes.
La visite d’Éléonore Caroit à Kinshasa pourrait ainsi être interprétée comme un signal important, à la fois pour la coopération bilatérale et pour les équilibres à venir dans la Francophonie.
JK


