Une attaque d’une gravité particulière a visé l’aéroport de Bangboka, à Kisangani, dans la province de la Tshopo. Selon un communiqué officiel du gouvernement provincial, cette infrastructure stratégique située à une vingtaine de kilomètres du centre-ville a été ciblée par des drones kamikazes entre le samedi 31 janvier à l’aube et le dimanche 1er février 2026 dans la nuit. D’après les autorités provinciales, les engins utilisés transportaient des munitions dites non conventionnelles, composées de plusieurs sous-munitions, ce qui accentue la dangerosité de l’attaque.
Le gouvernement de la Tshopo qualifie cet acte d’« agression barbare, injuste et persistante » contre la République démocratique du Congo. Kinshasa, par la voix des autorités locales, pointe directement la responsabilité du Rwanda et de ses alliés du mouvement rebelle AFC/M23, accusés de poursuivre une stratégie de déstabilisation au-delà des zones habituelles de conflit dans l’Est.
Le porte-parole du gouvernement provincial, Lendongolia, a affirmé que huit drones ont été neutralisés avant d’atteindre leur cible. « Aucun d’eux n’a pu atteindre son objectif macabre », a rassuré Senold Tandia, précisant que la situation est désormais sous contrôle grâce à la vigilance et au professionnalisme des FARDC et de leurs partenaires sécuritaires. Aucune perte humaine ni dégât majeur n’a été signalé à ce stade, selon les premières évaluations.
Pour les autorités provinciales, cette attaque constitue une nouvelle preuve de la volonté du Rwanda de remettre en cause les engagements pris dans le cadre de l’accord de paix signé à Washington. Elle intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques sont en cours, notamment le processus de Doha, censé favoriser une désescalade dans l’Est du pays.
L’extension de ce type d’attaques jusqu’à Kisangani, ville située loin des lignes de front du Nord-Kivu, suscite une inquiétude croissante sur l’évolution des méthodes de guerre employées. Dans l’immédiat, le gouvernement provincial a appelé la population au calme. Les riverains de l’aéroport, qui avaient commencé à quitter leurs habitations par crainte, sont invités à regagner leurs domiciles, aucune évacuation n’étant jugée nécessaire.
Un appel à la vigilance citoyenne a également été lancé, exhortant les habitants à signaler tout mouvement suspect aux services de sécurité. Enfin, la province de la Tshopo demande à la communauté internationale de dépasser les condamnations symboliques et de prendre des mesures concrètes et dissuasives pour mettre fin à une agression qu’elle estime durer depuis plus de trois décennies.
Cette attaque contre l’aéroport de Bangboka marque un tournant préoccupant, illustrant l’élargissement potentiel du conflit et la montée en puissance de nouvelles menaces technologiques dans la crise sécuritaire congolaise.
La rédaction de b-onetv.cd


