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Pakadjuma après la chute : entre dignité des pauvres et autorité de l’État, le dilemme congolais

3 mois ago
in Société
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Pakadjuma après la chute : entre dignité des pauvres et autorité de l’État, le dilemme congolais
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À Pakadjuma, les tôles ont été arrachées, les planches renversées, les ruelles effacées par les bulldozers. Mais les habitants, eux, sont restés. Debout, sous le ciel ouvert, à la merci de la nuit, ils refusent de plier. Ils ne veulent pas de Kinkole. Ils ne veulent pas partir. Ils ne veulent pas disparaître. Dans ce bidonville mythique et maudit de Kinshasa, la démolition n’a pas seulement détruit des maisons : elle a fissuré un mode de survie, une économie informelle, un tissu social forgé par la précarité et la débrouille.

Pour les résidents, Pakadjuma n’est pas qu’un quartier : c’est un marché permanent, un carrefour de clients, une proximité avec les écoles, les ports, les transporteurs, les petits commerces et les flux humains. Kinkole, situé à des dizaines de kilomètres, représente pour eux un exil économique. « Partir, c’est perdre nos clients, nos écoles, nos réseaux », confient plusieurs familles, passées la nuit à la belle étoile, entre résignation et défi.

Dans une ville où le transport coûte cher et où le travail se trouve souvent à pied, la distance est une condamnation sociale. La question centrale demeure : peut-on reloger sans relancer l’économie des relogés ? L’histoire récente montre que les relocalisations sans politique sociale structurée échouent. Les habitants de Pakadjuma avaient déjà été relogés à la Cité Espoir, avec parcelles et lopins de terre. Mais faute d’accompagnement économique, ils ont vendu ces biens et sont revenus vers l’enfer urbain qu’ils connaissaient.

Ce cycle tragique révèle une vérité brutale : le pauvre ne vend pas par choix, il vend par nécessité. Sans revenu, la terre devient monnaie de survie. Pourtant, l’État est dans son droit. Pakadjuma occupait illégalement l’emprise ferroviaire appartenant à l’ONATRA (SCTP). Ce site était devenu un no man’s land sécuritaire : criminalité, assassinats, prostitution, trafics, insalubrité extrême, foyers de choléra. Un État qui tolère cela abdique sa souveraineté.

La campagne « Retour à la norme » du gouverneur Daniel Bumba s’inscrit dans une logique de restauration de l’autorité publique. Démolir Pakadjuma, c’est aussi envoyer un message politique : l’État revient dans l’espace qu’il avait abandonné. Mais Pakadjuma n’est pas seulement un bidonville : c’est un symptôme. Il est le produit d’une urbanisation incontrôlée, d’une pauvreté structurelle, d’un exode rural massif, et d’un État incapable pendant des décennies de planifier la ville.

Le détruire sans le comprendre, c’est risquer de le voir renaître ailleurs, sous un autre nom, sur une autre emprise, avec les mêmes drames. Le site de Kinkole pose une interrogation stratégique : reloge-t-on des populations ou déplace-t-on la pauvreté ? Sans infrastructures, écoles, marchés, transports subventionnés, microcrédits, formation professionnelle, la relocalisation sera une relégation. L’histoire urbaine africaine est pleine de ces cités périphériques devenues des ghettos, loin des centres de décision et d’opportunité.

La force de l’État s’impose. La loi doit être respectée. Pakadjuma ne pouvait rester un sanctuaire de criminalité, de prostitution et d’insalubrité. Mais la légitimité de l’État se mesure aussi à sa capacité à accompagner, protéger et intégrer les plus vulnérables.
Démolir est facile. Construire une politique sociale est difficile. Imposer la loi est nécessaire. Construire la justice sociale est vital. Le vrai débat : quel modèle de ville pour Kinshasa ?

Au fond, Pakadjuma pose une question existentielle : Kinshasa sera-t-elle une ville planifiée ou une mégapole livrée à la débrouille ? Le bulldozer peut détruire un bidonville, mais il ne peut pas détruire la pauvreté. Si Kinkole ne devient pas un projet de vie, Pakadjuma renaîtra ailleurs. Car tant que la ville ne crée pas d’emplois, de logements abordables et de transports accessibles, les pauvres continueront à bâtir là où l’État n’est pas.

Junior Kulele

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