Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, la République démocratique du Congo a livré un plaidoyer ferme et structuré pour la défense de l’État de droit, tout en dénonçant les atrocités commises dans les zones occupées par l’AFC/M23 avec l’appui du Rwanda. À l’ouverture de la 61ᵉ session du Conseil, ce mardi 24 février, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a réaffirmé l’attachement de Kinshasa aux principes de la Charte des Nations Unies et aux instruments internationaux relatifs aux droits humains.
La cheffe de la diplomatie congolaise a présenté une série de réformes engagées par le gouvernement pour renforcer l’État de droit et la responsabilité. La protection des victimes, notamment des femmes et des enfants, constitue une priorité nationale, a-t-elle insisté. Parmi les mesures phares figurent : Une politique de tolérance zéro contre les violences sexuelles liées aux conflits; Des poursuites judiciaires en cours contre les auteurs de crimes graves; La mise en place d’un mécanisme institutionnel de réparation, consacré par une loi spécifique ayant créé un Fonds pour restaurer les droits et la dignité des victimes.
Au-delà de la justice transitionnelle, la RDC s’attaque également aux causes structurelles des violations des droits humains. La création d’un Tribunal pénal économique et financier vise à poursuivre les crimes économiques et la corruption, qui privent les populations de leurs droits fondamentaux et entravent le développement. S’agissant de l’exploitation des ressources naturelles stratégiques, Kinshasa a exigé le respect strict des normes internationales et des principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, en insistant sur la responsabilité de toute la chaîne de valeur.
Mais ces efforts, a souligné Thérèse Kayikwamba Wagner, sont gravement entravés par les violations massives commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 avec l’appui des Forces de défense rwandaises (RDF). La ministre a rappelé que les rapports du Groupe d’experts des Nations Unies, les missions d’établissement des faits et la résolution A/HRC/RES/S-37/1 ont établi la gravité de ces violations et conduit à la création d’une Commission d’enquête indépendante. Le Conseil de sécurité, dans sa résolution 2773, a également condamné ces crimes et exigé la cessation de tout soutien au groupe armé.
Dans les provinces affectées, les violations documentées incluent : des assassinats ciblés, des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, des déplacements forcés de populations, l’enrôlement d’enfants soldats, le pillage systématique des ressources naturelles. Un rapport consolidé du gouvernement, élaboré avec la participation de la société civile, fait état de plus de 17 000 atteintes graves, dont plus de 15 000 morts et des centaines d’enlèvements.
La situation humanitaire est catastrophique : une femme est violée toutes les quatre minutes et près de huit millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays. La situation en RDC, marquée par l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23, figure parmi les points majeurs de l’agenda international.
La rédaction de b-onetv.cd


