Cette fois, le gouvernement ne veut laisser place à aucun doute. En République démocratique du Congo, les bulletins scolaires de l’année 2025-2026 seront bel et bien remis aux élèves à la clôture de l’année. L’assurance est formelle et se veut la réponse à une controverse encore fraîche dans les mémoires. L’année scolaire passée s’était achevée dans un climat de frustration. Malgré le paiement des frais liés à leur impression, les bulletins n’avaient pas été remis aux élèves sur l’ensemble du territoire national. Une situation qui avait provoqué l’indignation des parents et des syndicats.

À Kinshasa, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) avait dénoncé ce qu’elle considérait comme une négligence des autorités compétentes. Son président, M. Diatezua, avait publiquement exigé des explications. Même son de cloche du côté du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qui avait réclamé l’ouverture d’une enquête sur un « possible détournement systématique » des fonds destinés à l’impression des bulletins. Face à la polémique, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté avait reconnu la légitimité des préoccupations exprimées par l’opinion.
Pour éviter toute répétition, le gouvernement a revu son approche. L’annonce officielle a été faite à l’issue d’un atelier sur la modernisation et l’optimisation du processus de gestion des données de l’Examen d’État, organisé du 23 au 25 février 2026 à Kinshasa par l’Inspection générale de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté. À la clôture des travaux, la ministre d’État en charge du secteur, Raïssa Malu, a procédé à la remise symbolique de lots de bulletins déjà imprimés aux inspecteurs principaux provinciaux (IPP).
Les documents sont prêts pour tous les niveaux : préscolaire (rose), primaire (vert), secondaire (bleu), cycle terminal (blanc). Selon la communication officielle, l’impression a été assurée directement par l’Inspection générale, sous la supervision de l’Inspecteur général Hubert Kimbonza. Ce choix marque un retour à une pratique antérieure. Pendant plusieurs années, l’Inspection générale assurait elle-même l’impression des bulletins dans les délais requis. Le recours ultérieur à des prestataires tiers, dans le cadre des marchés publics, avait complexifié la procédure et contribué aux retards.

Sur instruction du Chef de l’État Félix Tshisekedi, et avec l’appui de la Première ministre Judith Suminwa, la ministre d’État a décidé de confier à nouveau cette mission à l’Inspection générale. D’après le ministère, cette option aurait déjà permis à l’État d’économiser plus de 20 millions de dollars américains au cours de l’année scolaire 2024-2025.
Fait inédit : les bulletins 2025-2026 sont disponibles cinq mois avant la fin officielle de l’année scolaire. Une première présentée comme un tournant majeur dans la gouvernance du système éducatif. Au-delà de la simple impression des documents, le ministère inscrit cette démarche dans un chantier plus large de réformes visant à renforcer la gestion administrative, rationaliser les dépenses publiques et replacer l’élève au cœur des priorités nationales.
Après une année marquée par la polémique, les autorités éducatives entendent ainsi restaurer la confiance entre l’État, les enseignants et les parents. Reste désormais à transformer cette promesse en réalité concrète au moment décisif : celui de la remise effective des bulletins dans chaque école du pays.
JK


