Après les violentes explosions survenues à l’aube du 11 mars dans la ville de Goma, le gouvernement de la République démocratique du Congo est sorti de son silence. Dans un communiqué officiel publié à Kinshasa, les autorités affirment suivre l’évolution de la situation « avec la plus grande attention », tout en annonçant l’ouverture d’enquêtes pour déterminer l’origine exacte des explosions.
Ces incidents, qui ont causé d’importants dégâts matériels et des pertes en vies humaines, se sont produits dans des zones actuellement sous occupation de la coalition rebelle AFC/M23, selon le gouvernement congolais. Dans sa réaction, Kinshasa a exprimé sa profonde tristesse à la suite du décès de Karine Buisset, une ressortissante française travaillant pour UNICEF.
Le gouvernement a présenté ses condoléances à sa famille, à la France ainsi qu’à l’ensemble de la communauté humanitaire. Les autorités ont également rendu hommage aux acteurs humanitaires présents dans l’Est du pays, saluant leur engagement auprès des populations civiles dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile. Selon le communiqué, ces hommes et ces femmes contribuent non seulement à porter secours aux victimes du conflit, mais aussi à documenter les crimes commis dans une région marquée par des violences récurrentes.
Face aux nombreuses accusations et spéculations qui circulent depuis ces explosions, Kinshasa affirme qu’aucune conclusion ne peut être tirée pour l’instant. Le gouvernement précise que « les circonstances exactes et l’origine de ces explosions font actuellement l’objet d’enquêtes » menées par les services compétents. L’objectif, souligne-t-il, est d’établir clairement les faits.
Ces événements se produisent dans un contexte de forte tension dans l’Est de la RDC, où les autorités accusent régulièrement le Rwanda de soutenir militairement la rébellion du M23. Dans son communiqué, le gouvernement congolais insiste également sur son engagement en faveur du respect du droit international humanitaire, notamment en ce qui concerne la protection des populations civiles et des travailleurs humanitaires, y compris dans les zones sous occupation.
«Le gouvernement ne saurait entreprendre une action qui contrarie les valeurs qu’il a toujours défendues », souligne le texte. Pour Kinshasa, la protection durable des civils passe avant tout par le retrait des forces rwandaises et de leurs alliés du M23 des territoires qu’ils occupent dans l’Est du pays, ainsi que par le rétablissement complet de l’autorité de l’État congolais.
Enfin, le gouvernement assure rester engagé à travailler avec les Nations unies et ses partenaires internationaux afin de faire toute la lumière sur ces incidents et renforcer les mécanismes de protection des populations civiles. Alors que les enquêtes se poursuivent, ces explosions viennent rappeler une nouvelle fois la fragilité de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où la guerre se joue autant sur le terrain militaire que sur celui de la communication et de la diplomatie.
La rédaction de b-onetv.cd


