Une page se tourne. La République Démocratique du Congo perd l’une de ses figures intellectuelles et politiques les plus respectées. Jeannot Matadi Nenga Ngamanda s’est éteint le 22 mars 2026, à l’âge de 76 ans, laissant derrière lui une empreinte profonde dans les sphères du droit et de la gouvernance. Né le 14 septembre 1949 à Kifumu, Jeannot Matadi Nenga incarnait une génération d’intellectuels façonnés par l’exigence académique et l’engagement public.
Docteur en droit de l’Université Paris X-Nanterre, formé également à l’Université nationale du Zaïre et à Columbia University à New York, il s’était imposé comme une référence dans la pensée juridique congolaise. Avocat depuis 1975, il n’a jamais quitté le prétoire. Jusqu’à ses derniers jours, il plaidait encore devant la Cour de cassation et le Conseil d’État, fidèle à une carrière guidée par la rigueur et la défense des principes de justice.
Mais Jeannot Matadi Nenga, c’était aussi l’homme des institutions. Ancien ministre de l’Énergie et des Ressources hydrauliques sous le gouvernement Matata II, il avait su conjuguer expertise juridique et responsabilités politiques. Député national, puis deuxième vice-président de l’Assemblée nationale de la Transition, il a traversé des moments clés de l’histoire politique du pays, toujours avec une posture d’équilibre et de réflexion.
Au sein du barreau, son influence était tout aussi marquante. Bâtonnier de l’ordre des avocats de Kinshasa, acteur engagé dans les associations juridiques nationales et internationales, il a contribué à structurer et à faire rayonner la profession d’avocat en RDC et au-delà. Auteur prolifique, il laisse également une œuvre écrite qui continuera d’alimenter la réflexion juridique. De Droit judiciaire privé à La question du pouvoir judiciaire en République démocratique du Congo, en passant par Le droit à un procès équitable, ses publications témoignent d’un engagement constant pour l’État de droit.
Avec sa disparition, c’est une voix mesurée, exigeante et profondément attachée aux valeurs de justice qui s’éteint. Mais son héritage, lui, demeure : dans les textes, dans les institutions, et dans les générations de juristes qu’il a inspirées. En RDC, le nom de Jeannot Matadi restera associé à une idée forte : celle d’un droit au service de la République.
JK


