Sous le ciel brûlant de Bandundu, la politique congolaise a, une fois de plus, parlé d’une seule voix. À l’ouverture de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs, le rituel s’est répété, presque attendu : celui d’une déclaration solennelle de soutien au Chef de l’État, dans un contexte où cohésion nationale et défis sécuritaires restent au cœur des priorités.
Lancée ce mardi 24 mars 2026 par Félix Tshisekedi, cette grand-messe institutionnelle réunit, autour de lui, les gouverneurs des 26 provinces, les présidents des deux chambres du Parlement ainsi que plusieurs membres du gouvernement. Mais derrière le thème officiel axé sur la transformation des secteurs agricole, pastoral et halieutique, c’est aussi une séquence politique qui s’est jouée.
Sans surprise, les gouverneurs ont exprimé une loyauté « ferme » et « sans équivoque » envers le Président. Une déclaration portée par Fifi Masuka, qui a salué les orientations politiques et diplomatiques du Chef de l’État. Dans leur motion, ils ont mis en avant une RDC « plus affirmée » sur la scène internationale, engagée dans la défense de son intégrité territoriale et résolument tournée vers un développement inclusif.
Ils ont également insisté sur les réformes engagées, notamment dans les secteurs de la gouvernance, de la santé et de la décentralisation. Parmi les points mis en exergue, figure l’accord de paix conclu à Washington entre la RDC et le Rwanda, présenté comme une avancée majeure. Pour les gouverneurs, cet engagement diplomatique ouvre la voie à une stabilisation durable d’un pays longtemps éprouvé par les crises sécuritaires.
Cette lecture optimiste s’inscrit dans une volonté manifeste de renforcer le crédit politique du pouvoir central, en mettant en avant ses succès sur le plan international. Au-delà des déclarations, les gouverneurs ont surtout pris un engagement : celui de travailler en synergie avec le gouvernement central. Une promesse de cohésion institutionnelle, dans un pays où les équilibres entre provinces et pouvoir central restent souvent fragiles.
« Devant la nation et l’histoire », ont-ils affirmé, ils entendent œuvrer pour la paix durable, la cohésion nationale et l’application effective des réformes engagées. Consacrée par la Constitution du 18 février 2006, la Conférence des gouverneurs n’est pas qu’un rendez-vous politique. Elle incarne un mécanisme clé de la décentralisation congolaise, un espace où se croisent les ambitions locales et les orientations nationales.
Instance consultative, elle permet d’émettre des avis sur les politiques publiques tout en favorisant l’harmonie entre les provinces et le pouvoir central. Son caractère itinérant, qui l’amène cette fois à Bandundu, symbolise cette volonté de rapprocher Kinshasa des réalités du terrain. Derrière l’apparente unanimité, cette conférence révèle une constante de la vie politique congolaise : la nécessité, pour les provinces, de s’aligner sur le pouvoir central, tout en espérant en retour un accompagnement concret dans leurs défis quotidiens.
À Bandundu, les mots ont été forts, les engagements solennels. Reste à savoir si, au-delà des déclarations de loyauté, cette dynamique se traduira par des actions tangibles pour les populations.
JK


