À Kinshasa, ce 25 mars 2026, ce n’est pas une simple réunion qui s’est tenue, mais un tournant stratégique pour l’avenir de la République démocratique du Congo. Autour d’une même table, autorités nationales et partenaires internationaux ont posé les bases d’un chantier aussi discret qu’essentiel : compter, comprendre et planifier la nation.
À l’issue de la table ronde dédiée au Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH2), 83 % du financement global ont été mobilisés, sur un budget estimé à 192 millions de dollars. Un signal fort. Car derrière ces chiffres, c’est toute une architecture de développement qui se dessine : celle d’un pays qui choisit de fonder ses politiques publiques sur des données fiables, actualisées et maîtrisées.
La présence du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, aux côtés des présidents des deux chambres du Parlement et de la Première ministre, a donné à cette rencontre une dimension hautement stratégique. Plus qu’un symbole, cette implication traduit une volonté politique claire : faire du recensement un pilier de la gouvernance. Dans un contexte où les défis démographiques, économiques et sociaux sont immenses, connaître avec précision la population devient une nécessité absolue, presque une urgence nationale.
La mobilisation observée témoigne également de la confiance renouvelée des partenaires techniques et financiers envers la RDC. La participation de Diene Keita, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies et Directrice exécutive de UNFPA, illustre l’importance internationale accordée à cette opération. Pour ces partenaires, investir dans le recensement, c’est investir dans la capacité du pays à mieux se projeter, à mieux décider et à mieux servir sa population.
Le Gouvernement congolais n’est pas resté en retrait. Une contribution nationale de 30 millions de dollars a déjà été engagée, accompagnée d’une feuille de route claire pour la mise en œuvre du projet. Ce choix marque une rupture avec les approches passées : le recensement n’est plus seulement un projet soutenu de l’extérieur, mais une priorité nationale pleinement assumée. Au-delà de l’exercice statistique, le RGPH2 s’impose comme un outil de transformation.
Disposer de données fiables, c’est pouvoir :
mieux orienter les investissements publics, planifier les infrastructures,
adapter les politiques sociales,
et renforcer l’équité territoriale. En somme, gouverner avec précision plutôt qu’à l’aveugle. Dans un pays aux dimensions continentales comme la RDC, où les dynamiques démographiques évoluent rapidement, le recensement devient une boussole. Une boussole pour l’État. Une garantie pour les citoyens. Un socle pour le développement durable.
Avec 83 % du financement déjà acquis, le cap est désormais clair. Reste à transformer cette mobilisation en action concrète. Car derrière chaque chiffre à venir, il y aura une réalité : celle de millions de Congolais enfin visibles dans les politiques publiques.
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