Une décision qui dépasse l’administratif pour toucher au sacré. Ce 6 avril, au cœur de la ferveur spirituelle, Félix Tshisekedi a posé un acte chargé d’histoire : faire de Nkamba une Ville Sainte. Une annonce forte, prononcée depuis ce lieu emblématique du Kongo-Central, à l’occasion des commémorations dédiées à Simon Kimbangu, figure fondatrice de l’Église kimbanguiste.
Nkamba n’est pas une cité comme les autres. Pour des millions de fidèles, elle est déjà une terre spirituelle, un centre de pèlerinage, un point de convergence entre foi, histoire et identité. En lui conférant le statut de Ville Sainte, le président ne fait pas que reconnaître une réalité religieuse. Il l’inscrit désormais dans l’architecture institutionnelle de la République démocratique du Congo. Un geste à la fois politique, symbolique et identitaire.
Mais derrière le symbole, il y a une transformation concrète. Nkamba devient une entité territoriale décentralisée (ETD), dotée d’une personnalité juridique. Elle sera subdivisée en communes, administrée par un maire, et intégrée pleinement dans le maillage administratif du pays. Ce changement ouvre la voie à une nouvelle dynamique : celle du développement structuré. Routes, hôpitaux, universités, accès à l’eau et à l’électricité… Nkamba est appelée à se moderniser sans renier son essence spirituelle.
Cette décision s’inscrit dans la logique des réformes de décentralisation issues de la Constitution de 2006. Elle devra être formalisée par un décret de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. Mais au-delà du cadre légal, c’est une vision qui se dessine : faire de Nkamba un modèle unique, à la croisée du spirituel et du développement. À travers cet acte, l’État congolais envoie un message clair à l’Église kimbanguiste : reconnaissance, respect et valorisation. Car Nkamba, au fil des décennies, s’est imposée comme un pilier spirituel, un symbole de résistance, de foi et d’identité congolaise.
Désormais, Nkamba ne sera plus seulement une destination spirituelle. Elle devient une ville à part entière… mais une ville différente. Une ville où l’histoire se prie. Où la mémoire se célèbre. Où le développement devra cohabiter avec le sacré. Et dans cette élévation, une certitude se dessine : la RDC vient d’inscrire une part de son âme dans ses institutions.
Junior Kulele


