C’est une sortie qui fait déjà trembler les lignes du football congolais. Sans officialiser sa candidature, Veron Mosengo-Omba laisse planer une ambition claire : celle de prendre un jour les rênes de la Fédération congolaise de football association… et de tout changer.

Sur les antennes de France 24, l’ancien patron administratif de la Confédération africaine de football a choisi ses mots avec précision. Ni déclaration officielle, ni renoncement. Juste une porte entrouverte : « Le projet m’intéresse, mais je n’ai pas encore fait le pas ». Une phrase qui sonne comme un avertissement dans un environnement où chaque silence est déjà interprété.
Le paradoxe est connu : de nationalité suisse, Mosengo-Omba n’est, en l’état, pas éligible à la présidence de la FECOFA. Mais l’homme ne s’en cache pas et répond avec assurance : pour lui, la question n’est pas identitaire, mais procédurale. « Aucun Congolais ne peut nier que je suis congolais », insiste-t-il, balayant les critiques d’un revers calme mais ferme. Derrière cette posture, une stratégie se dessine : ne pas brûler les étapes, mais installer progressivement l’idée d’une alternative crédible.

“Transformer la FECOFA en paradis” : promesse ou provocation ? La formule est forte. Presque audacieuse. « Je transformerai cette fédération en un paradis ». Une déclaration qui tranche avec la prudence habituelle des dirigeants sportifs. Mais pour Mosengo-Omba, il ne s’agit pas de rhétorique : il évoque une vision structurée, nourrie par son expérience à la CAF.
Son diagnostic est sans appel : la RDC est une terre de talents, mais mal exploitée. Et pour lui, la solution ne relève pas d’une expertise inaccessible : « Ça ne demande pas d’être docteur en sciences nucléaires pour organiser ce football ». Une pique à peine voilée contre les pratiques actuelles, souvent critiquées pour leur manque de professionnalisme et de vision.

Depuis plusieurs mois, son nom circule, suscite espoirs et crispations. Lui-même reconnaît faire l’objet d’attaques : « Les gens me combattent parce qu’ils ont vu ce qu’on a fait à la CAF ». Une référence directe à son passage remarqué à la tête de l’administration de l’instance continentale, marqué par des réformes internes et une modernisation décriée par certains, saluée par d’autres.
Autre rumeur persistante : celle d’un soutien de Félix Tshisekedi. Sur ce point, Mosengo-Omba temporise : « Je serai flatté, mais jamais on ne m’a dit que je suis le candidat du président ». Avant de rappeler, non sans ironie, que le chef de l’État a « d’autres priorités » que les élections à la FECOFA.

Au-delà de sa personne, cette prise de parole révèle une réalité : la gouvernance du football congolais est à un tournant. Entre attentes populaires, enjeux politiques et urgences structurelles, la FECOFA cristallise toutes les tensions. En laissant planer le doute, Veron Mosengo-Omba ne fait pas que tester le terrain. Il impose déjà le débat : celui d’un football congolais à réinventer. Reste à savoir s’il passera du statut de potentiel réformateur à celui d’acteur central. Mais une chose est certaine : même sans candidature officielle, il est déjà entré dans le jeu.
Junior Kulele


