Une page longtemps négligée du sport congolais est en train de se tourner. Jeudi 10 avril marque un moment charnière pour le football féminin en République démocratique du Congo. Sous l’impulsion d’Arlette Butela Lobali, candidate à la Ligue nationale de football féminin, les anciennes internationales congolaises ont officiellement obtenu leur reconnaissance et leur mécanisation administrative.

Parmi les bénéficiaires figurent notamment les joueuses ayant porté les couleurs nationales lors des Coupes du monde U20 de 2006 en Russie et de 2008 au Chili, une génération talentueuse, mais longtemps restée dans l’ombre. Pendant des années, ces anciennes Léopards dames ont évolué sans véritable statut, malgré leurs exploits sur la scène internationale. Cette nouvelle décision vient corriger une injustice persistante en leur offrant enfin une existence administrative reconnue par l’État.
Au-delà du symbole, cette reconnaissance ouvre désormais la voie à une stabilité professionnelle, marquant un tournant concret dans la prise en charge des anciennes sportives. L’État s’aligne donc sur une logique d’équité, le ministre des Sports, Didier Budimbu, a confirmé que ces anciennes joueuses bénéficieront désormais d’un emploi stable, avec des conditions similaires à celles accordées aux anciens internationaux masculins.

Une mesure qui s’inscrit dans une volonté de rééquilibrage, dans un secteur longtemps marqué par des disparités entre football masculin et féminin. Cette avancée dépasse le simple cadre administratif. Elle consacre des femmes qui ont représenté la RDC avec fierté, souvent dans des conditions précaires et avec peu de soutien institutionnel. C’est aussi une reconnaissance tardive, mais essentielle, d’un engagement sportif et patriotique longtemps ignoré.
Pour Arlette Butela Lobali, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large : celle de structurer, valoriser et professionnaliser le football féminin congolais. À travers cette action, elle envoie un signal clair en faveur de l’équité, de la reconnaissance et du développement durable du sport féminin en RDC. Cette décision pourrait bien agir comme un catalyseur pour toute une génération.

En réhabilitant les anciennes internationales, elle redonne de la crédibilité au football féminin et renforce la motivation des jeunes joueuses. Une chose est sûre : avec cette avancée, Arlette Butela Lobali s’affirme comme l’une des figures majeures du renouveau du football féminin en RDC.
Taz Mayimona Russell


