Dans les couloirs des Nations unies, une dynamique discrète mais stratégique est en marche. Et au centre de ce jeu diplomatique : la République démocratique du Congo. À l’heure où se prépare la succession de António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026, un candidat africain avance ses pions avec méthode : Macky Sall. Et dans sa quête, Kinshasa apparaît comme un partenaire clé. Avant même de défendre sa vision à New York, Macky Sall a fait un choix révélateur : se tourner vers la RDC.
Reçu à la représentation permanente congolaise auprès de l’ONU par l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, l’ancien président sénégalais n’est pas venu les mains vides. Il est venu chercher un appui… mais surtout proposer une alliance. Dans une déclaration remarquée, il a rappelé avoir récemment échangé à Kinshasa avec le président Félix Tshisekedi, soulignant le poids stratégique de la RDC sur l’échiquier africain. Pour Macky Sall, le message est clair : aucune ambition africaine crédible à l’ONU ne peut se construire sans la RDC. Au-delà des mots, c’est une véritable promesse politique qui se dessine.
Le candidat sénégalais a insisté sur la nécessité de renforcer la voix de l’Afrique dans les instances internationales. Mais surtout, il a identifié la RDC comme un acteur central dans cette reconfiguration. Son approche repose sur trois axes majeurs, directement bénéfiques pour le pays : Un accès plus équitable aux financements internationaux, essentiel pour soutenir les projets d’infrastructures et de développement en RDC; Un partenariat économique rééquilibré, visant à mieux valoriser les ressources stratégiques du pays; Un rôle diplomatique renforcé de la RDC, appelée à peser davantage dans les décisions globales.
En filigrane, une ambition : repositionner Kinshasa comme une puissance incontournable du continent. Mais c’est sur le terrain sécuritaire que Macky Sall a marqué les esprits. Face à une crise persistante dans l’Est du pays, il a pris un engagement fort : accorder une attention particulière à cette situation s’il accède à la tête de l’ONU. Il a plaidé pour une approche basée sur : le respect strict de la souveraineté nationale, la préservation de l’intégrité territoriale, la restauration de la confiance entre États. Une déclaration qui résonne fortement à Kinshasa, où la question sécuritaire reste au cœur des priorités nationales.
La bataille pour la succession de António Guterres est déjà lancée. Le processus, enclenché par une lettre conjointe portée notamment par Michael Imran Kanu et Annalena Baerbock, se veut transparent et inclusif. Plusieurs figures internationales sont en lice : Michelle Bachelet, Rafael Grossi, Rebeca Grynspan, Macky Sall. Les auditions publiques débuteront le 20 avril 2026, diffusées sur UN WebTV, dans un processus inédit d’ouverture.
Au-delà de la compétition, une réalité s’impose : la RDC n’est plus un simple spectateur. En recevant Macky Sall et en étant sollicitée comme partenaire stratégique, Kinshasa confirme son retour au centre du jeu diplomatique africain et international. Si cette dynamique se concrétise, elle pourrait offrir au pays : une influence accrue à l’ONU, un meilleur accès aux ressources internationales et une prise en compte plus forte de ses enjeux sécuritaires. Une chose est certaine : dans cette course mondiale, la RDC n’est plus seulement un enjeu… elle devient un acteur.
La rédaction de b-onetv.cd


