À l’entrée du Stade des Martyrs, là où la ferveur populaire commence à vibrer avant même le coup d’envoi, une silhouette prend forme. Celle d’un homme devenu légende. Celle de Pierre Ndaye Mulamba. Bientôt, son regard de bronze accueillera les foules, comme autrefois ses buts faisaient chavirer tout un peuple.

Les travaux de sa statue, érigée du côté des Huileries, touchent à leur fin. Plus qu’un simple monument, c’est un fragment d’histoire nationale que Kinshasa s’apprête à figer dans la pierre. Un hommage attendu, presque nécessaire, pour celui qui a marqué le football africain d’une empreinte rare.
Car revenir à Ndaye Mulamba, c’est replonger dans une époque où le Zaïre écrivait en lettres d’or sa légende sportive. En 1974, lors de la Coupe d’Afrique des nations 1974, il réalise l’impensable : neuf buts inscrits en une seule édition. Un record jamais égalé, une performance qui défie encore le temps et les générations. Chaque but, à l’époque, était une onde de choc. Chaque célébration, une communion nationale.
Ce tournoi-là n’était pas qu’une victoire sportive. C’était un symbole. Celui d’un pays debout, fier, porté par ses héros. Et au cœur de cette épopée, Ndaye Mulamba, buteur instinctif, incarnation du courage et de la détermination. Son nom résonne encore comme une promesse tenue. Avec AS Vita Club, il a également écrit quelques-unes des plus belles pages du football congolais, contribuant à hisser le club au sommet du continent. Là aussi, il n’était pas qu’un joueur : il était un guide, un symbole, une figure tutélaire.
Aujourd’hui, c’est à l’entrée du Stade des Martyrs que son histoire trouve un nouveau prolongement. Une statue pour rappeler, pour transmettre, pour inspirer. Une manière de dire aux générations futures que certaines légendes ne meurent jamais : elles veillent. L’inauguration est attendue avec émotion. Et déjà, dans l’imaginaire collectif, une image s’impose : celle d’un stade où, avant même d’entrer, on croise le regard d’un homme qui a fait trembler les filets… et vibrer tout un pays.
Junior Kulele


