L’Assemblée provinciale de Kinshasa a déclaré recevable, vendredi 17 avril, la proposition d’édit visant à renforcer la protection des droits de la population kinoise face au banditisme urbain. Une avancée législative qui intervient dans un contexte marqué par une recrudescence de l’insécurité dans la capitale congolaise.
Portée par le député provincial Diyabanza Mwananene Martyr, élu de Matete sous la bannière de l’UDPS, cette initiative a été jugée recevable à l’issue d’un débat en plénière. Selon le président de l’organe délibérant, Lévi Mbuta, le texte sera transmis à la commission politique, administrative et judiciaire (PAJ) pour un examen approfondi, étape préalable à son adoption éventuelle.
Fondée sur l’article 203 de la Constitution du 18 février 2006 ainsi que sur les dispositions relatives à la libre administration des provinces, cette proposition d’édit s’articule autour de deux titres répartis en sept chapitres. Elle ambitionne de poser les bases d’une nouvelle politique publique de sécurité à l’échelle de la ville-province.
Lors de la présentation de son texte, l’élu de Matete a insisté sur l’urgence d’apporter une réponse structurée à un phénomène qui s’enracine progressivement dans le quotidien des habitants. « Il est opportun de mettre en place une législation adaptée, intégrant toutes les couches de la population, notamment la société civile, la police, ainsi que les parents et tuteurs », a-t-il plaidé.
Le député a également tiré la sonnette d’alarme sur la banalisation du phénomène des « Kuluna », ces gangs urbains responsables de vols à main armée, d’extorsions, de meurtres et de braquages à domicile. Selon lui, cette criminalité tend à s’installer durablement, au point de devenir une réalité avec laquelle certains finissent par coexister, voire contribuer indirectement.
« La sécurité doit être la priorité des priorités. Sans elle, aucun développement économique durable n’est possible », a-t-il martelé, appelant ses collègues à assumer pleinement leur rôle législatif face à cette crise sécuritaire.
Parallèlement à cette avancée, l’Assemblée provinciale a validé le calendrier de la mission de contrôle parlementaire de la commission Écofin, chargée du suivi de la gestion des finances publiques de la ville. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté affichée, dès l’ouverture de la session de mars, de renforcer à la fois le contrôle de l’action publique et la production législative.
Malgré les efforts des autorités, notamment à travers l’opération « Ndobo » (Hameçon) menée par le ministère de l’Intérieur, la ville de Kinshasa reste confrontée à une résurgence préoccupante de l’insécurité, marquée par des enlèvements et des attaques nocturnes. Si les autorités mettent en avant des arrestations et des poursuites judiciaires, leur impact demeure encore limité sur le vécu quotidien des Kinois.
L’examen de cette proposition d’édit apparaît ainsi comme une tentative de réponse institutionnelle à un défi sécuritaire majeur, dont l’issue sera scrutée de près par une population en quête de solutions concrètes et durables.
La rédaction de b-onetv.cd


