On n’enterre pas une légende. On la grave dans la ville. Dix ans après son dernier souffle, Papa Wemba continue d’habiter les mémoires et désormais les rues d’Abidjan. À Anoumabo, ce quartier où il avait tiré sa révérence, son nom s’inscrit à jamais dans le paysage : une artère porte aujourd’hui celui dont la voix a traversé les générations.

L’hommage est puissant, presque symbolique d’une revanche sur le temps. Là même où le silence s’était imposé, la mémoire reprend le dessus. Et la ville devient archive vivante.
Sous l’impulsion du maire Aby Raoul, l’artiste a également été élevé à titre posthume au rang de Commandeur dans l’ordre du mérite communal de Marcory, et fait citoyen d’honneur. Une distinction qui dépasse le protocole pour toucher à l’essentiel : reconnaître l’impact d’un homme qui a façonné une identité culturelle.
Organisée dans le cadre du FEMUA, cette journée commémorative a réuni une constellation de personnalités venues célébrer une figure hors norme. Parmi elles, Mariatou Koné, Gilbert Naiya Nabina et Fidèle Yapi, témoins d’un héritage qui dépasse les frontières nationales.

Car Papa Wemba n’était pas qu’un artiste. Il était un courant. Une signature. Une élégance incarnée, entre musique et Sape, entre scène et société. Et dix ans plus tard, Abidjan le confirme avec éclat : certaines voix ne s’éteignent pas… elles deviennent des repères.
Junior Kulele


