À Kinshasa, la circulation ne sera plus tout à fait la même. Derrière le vrombissement familier des « wewa », une nouvelle règle du jeu s’installe plus stricte, plus encadrée, et surtout plus protectrice. Le 24 avril 2026, l’Assemblée provinciale de Kinshasa a franchi un cap en adoptant, à l’unanimité, un édit destiné à réguler le transport par taxis-motos.
Un vote sans fissure, porté par le député provincial Nicolas Wemakoy, qui traduit une volonté claire : mettre de l’ordre dans un secteur aussi vital que risqué. Car à Kinshasa, les motos-taxis ne sont pas un simple moyen de transport. Elles sont une réponse à l’urgence, un raccourci dans les embouteillages, parfois même une bouée de sauvetage dans une ville en perpétuel mouvement. Mais cette agilité a un prix : celui des accidents, souvent graves, parfois évitables.
Le texte adopté introduit donc une série de restrictions ciblées. Désormais, certaines catégories de passagers sont formellement interdites à bord : les enfants de moins de 12 ans, les femmes enceintes en fin de grossesse, les personnes en état d’ivresse, ainsi que les personnes âgées non accompagnées. Une décision qui privilégie la prévention, quitte à bousculer les habitudes.
Pour les conducteurs, le message est sans ambiguïté. Toute infraction à ces nouvelles règles pourra entraîner des sanctions allant de l’amende à la mise en fourrière de la moto. Une dissuasion assumée, pensée pour imposer progressivement une discipline dans un secteur longtemps livré à lui-même. Mais avant le bâton, la pédagogie. Le texte, encore en attente de promulgation par le gouverneur, prévoit une phase de sensibilisation à destination des conducteurs. L’objectif : faire comprendre avant de punir, expliquer avant de sanctionner.
Au fond, cet édit marque un tournant. Entre liberté de circuler et impératif de sécurité, Kinshasa tente de trouver l’équilibre. Et dans le ballet quotidien des « wewa », une nouvelle priorité s’impose désormais : protéger les vies, sans freiner la ville.
JK


