À Nairobi, l’espoir avait pris la forme d’un kimono. Il s’est heurté, brutalement, à la réalité du tatami. Au cœur du Championnat d’Afrique de judo 2026, les Léopards de la République démocratique du Congo n’ont pas trouvé l’ouverture. Là où l’on attendait une percée, c’est une série de désillusions qui a marqué leur entrée en lice.

Tous les regards étaient tournés vers Chris Mboyo, surnommé « Ya Mami ». Sur le tatami, le combat semblait pourtant lui appartenir. Quatre minutes de maîtrise, de lecture, de domination. Le Léopard imposait son rythme, contrôlait l’espace… jusqu’à ce que le scénario bascule. Dans le “Golden Score”, ce temps où la moindre erreur se paie cash, le Camerounais Vladimir Carlos a trouvé l’ouverture parfaite : un waza-ari net, froid, décisif. Rideau. Motema pasi.
La spirale s’est poursuivie, stoppé au deuxième tour, et un autre revers pour Chris Mboyo, dans un combat à rebondissements où décisions et actions se sont entremêlées. Ippon accordé, puis retiré. Yuko effacé. Et finalement, un contre fatal en O Soto Gari qui scelle le sort. La fatigue, elle aussi, a parlé dans les derniers instants.
Comme un écho cruel, la chute de Gédéon Kasota, dit “Zibiyu”, a résonné encore plus fort. Dès son premier combat, celui que beaucoup voyaient aller loin a été stoppé net. Face au Malgache Lova, le plan était clair : imposer son judo, dérouler son célèbre morote côté gauche. Mais en face, l’anticipation était chirurgicale. Le contre est parti, précis, implacable. Ippon. Sans appel. Une élimination immédiate, sans repêchage, comme une porte qui se referme trop tôt.

Plus qu’une défaite, c’est une frustration collective. Celle d’une équipe qui n’a pas démérité, mais qui a payé au prix fort la moindre faille dans une discipline où tout se joue en une fraction de seconde. Et pourtant, derrière ces sorties précoces, il reste une vérité : le courage n’a pas quitté le camp congolais. Les Léopards tombent, oui… mais ils apprennent. Et dans l’exigence du judo africain, chaque chute prépare déjà le prochain combat.
JK


