L’atmosphère est devenue électrique dans la ville de Matadi au lendemain de la décision rendue par la Cour constitutionnelle de la RDC en faveur de Papy Matezolo. Après avoir siégé en matière de consultation et d’interprétation sur la procédure ayant conduit à sa destitution, la Haute Cour a estimé que les conditions juridiques de son éviction n’étaient pas réunies, ouvrant ainsi la voie à sa réhabilitation à la tête de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central.
Cette décision a immédiatement provoqué une vague de colère dans plusieurs quartiers de Matadi, siège administratif de la province. Des centaines de militants et sympathisants opposés au retour de Papy Matezolo sont descendus dans les rues pour exprimer leur mécontentement. Plusieurs axes routiers ont été barricadés, tandis que des pneus ont été incendiés sur la chaussée, paralysant partiellement les activités dans certains secteurs de la ville.
Des scènes de tension ont été observées durant plusieurs heures, obligeant de nombreux commerces à fonctionner au ralenti. Au-delà des perturbations enregistrées, cette mobilisation laisse craindre un climat politique encore plus tendu dans les prochains jours, notamment à l’approche de la reprise officielle des fonctions de Papy Matezolo à la tête de l’organe délibérant provincial.
Cette crise trouve son origine dans les événements d’octobre 2025. À l’époque, une motion soutenue par plus de la moitié des députés provinciaux avait été initiée contre le bureau dirigé par Papy Matezolo, dans un contexte marqué par de fortes tensions au sein de l’Assemblée provinciale.
Les élus frondeurs accusaient alors le président de l’Assemblée ainsi que les membres de son bureau de « mégestion ». Mais alors que la motion devait être examinée, Papy Matezolo et certains membres de son équipe avaient présenté leur démission auprès du Bureau d’âge.
Toutefois, cette démission n’avait jamais été officiellement entérinée par cette structure provisoire, laissant place à une bataille juridique et institutionnelle qui aura finalement atterri devant la Cour constitutionnelle. Dans son arrêt, la Haute Cour considère que ni les faits reprochés ni la procédure utilisée ne permettaient légalement de destituer le président de l’Assemblée provinciale.
Cette décision rebat désormais les cartes politiques dans le Kongo-Central, où les divisions semblent loin d’être apaisées. Plusieurs observateurs redoutent déjà une nouvelle période de confrontation politique au sein de l’Assemblée provinciale, sur fond de rivalités entre camps opposés.
Alors que les autorités provinciales appellent au calme, la situation reste sous surveillance dans une ville où la tension politique continue de se ressentir jusque dans les rues.
C.I.M


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