Il y a des noms qui traversent les générations sans jamais perdre leur éclat. Des noms qui ne vieillissent pas, parce qu’ils appartiennent désormais à l’histoire. Pierre Ndaye Mulamba est de ceux-là. Un demi-siècle après avoir conduit le Congo au sommet du football africain, l’ancien buteur des Léopards entre officiellement dans l’éternité nationale. Une statue à son effigie a été érigée devant le Stade des Martyrs, temple du sport congolais, afin d’honorer celui qui demeure encore aujourd’hui le plus grand goleador de l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations.
L’œuvre a été dévoilée dans un moment chargé d’émotion et de mémoire sportive. Dans toute l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations, aucun joueur n’a réussi ce qu’a accompli Pierre Ndaye Mulamba. Neuf buts inscrits lors d’une seule phase finale de CAN. Cette année-là, l’Équipe nationale de football de la RDC encore appelés les Léopards du Zaïre avaient conquis l’Afrique avec un football spectaculaire, puissant et offensif.
Un record établi en 1974 et jamais battu jusqu’à ce jour. Porté par l’efficacité redoutable de Ndaye Mulamba, le Congo remportait sa deuxième étoile continentale après celle de 1968. Son quadruplé historique face à la Équipe nationale de football de la Zambie lors de la finale rejouée de la CAN 1974 reste l’un des moments les plus mythiques du football africain.
Pendant longtemps, de nombreux passionnés de sport estimaient que Pierre Ndaye Mulamba ne recevait pas toute la reconnaissance méritée au regard de son immense contribution au rayonnement du football congolais. L’érection de cette statue devant le Stade des Martyrs apparaît ainsi comme une réparation symbolique, mais aussi comme une transmission de mémoire aux nouvelles générations.
À travers ce monument, la République démocratique du Congo rappelle à sa jeunesse qu’avant les stars modernes du football mondial, il existait déjà un Congolais qui faisait trembler toute l’Afrique ballon au pied. Ce geste dépasse largement le simple hommage sportif. Il consacre aussi le football comme une composante majeure de l’identité nationale congolaise.
Car en 1974, au-delà du trophée continental, les Léopards avaient offert au pays une immense fierté collective dans un contexte historique marqué par la quête d’affirmation du Zaïre sur la scène internationale. Quelques mois après leur sacre africain, les Léopards participaient également à la Coupe du monde de football 1974 en Allemagne, devenant la première sélection d’Afrique subsaharienne à disputer une Coupe du monde.
Et au cœur de cette génération dorée se trouvait Pierre Ndaye Mulamba, véritable incarnation du talent offensif congolais. Désormais, chaque supporter, chaque jeune footballeur et chaque visiteur qui passera devant le Stade des Martyrs croisera le regard figé dans le bronze d’un homme devenu immortel.
Une manière pour le pays de rappeler que les grandes nations sportives ne vivent pas seulement de leur présent, mais aussi du respect qu’elles accordent à leurs héros. Et même des décennies après ses exploits, Pierre Ndaye Mulamba continue encore d’inspirer toute une nation.
Junior Kulele


